Madagascar difficille a croire

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    Guy

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    Madagascar difficille a croire

    Message par Guy le Ven 1 Aoû - 0:13

    Voici pourquoi certains enfants n'ont pas de parents




    Droits de l'Homme
    Les jumeaux abandonnés émeuvent l’étranger
    Grand débat autour de l'abandon de jumeaux à Mananjary. Cette pratique des Antambahoaka est critiquée au niveau international.


    L’abandon des jumeaux est une pratique traditionnelle au sein des Antambahoaka.
    L'abandon des jumeaux dans la communauté Antambahoaka est critiqué au niveau international. Le comité des Nations unies pour les droits de l'Homme encourage Madagascar à se pencher sur cette pratique qui viole les droits des enfants.
    « Madagascar est appelé à prendre des mesures drastiques pour éradiquer le problème et pour assurer la préservation des jumeaux dans leurs familles biologiques », explique Dr Gracy Fernandez du Centre d'analyses et prospectives pour le développement à Madagascar (Capdam).
    Jusqu'à maintenant, les jumeaux portent malheur selon les croyances Antambahoaka, d'où la décision des parents de se débarrasser d'eux. Sans tenir compte de la souffrance des enfants abandonnés.
    Longue route
    Pour mieux cerner le problème, le programme des Nations unies pour le développement (PNUD), en collaboration avec le ministère de la Justice a financé une étude qui aborde pour la première fois le cas des jumeaux de Mananjary.
    « Sept sites dans Mananjary sacrifient les jumeaux. Ces derniers sont confiés à des proches, ou placés dans des centres d'accueil ou encore abandonnés », explique Nelly Rasoanaivo, historienne chargée de l'étude réalisée en juillet 2007.
    La pratique est telle que l'enregistrement des jumeaux nés dans les hôpitaux est difficile. « Ces naissances sont peu déclarées alors que le nombre de jumeaux placés dans les centres d'accueil s'élèvent à plus de 230 depuis 1987 », renseigne la membre de l'équipe d'enquête.
    Mais la route demeure longue pour Madagascar. « La loi n'est pas suffisante pour éradiquer le problème. Après cette étude, les discussions doivent être ouvertes à tous les niveaux », souligne Lucien Rakotoniaina, responsable du projet droit de l'Homme au ministère de la Justice.
    La participation des chefs coutumiers aux débats est dèjà une victoire. Ces derniers ne sont ni pour ni contre l'arrêt de la pratique.

    Fanja Saholiarisoa
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    Christine

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    Re: Madagascar difficille a croire

    Message par Christine le Ven 1 Aoû - 13:20

    Oui,Guy c'est vrai pour nous c'est difficile à croire...et la persuasion des Antambahoaka à l'air tenace envers cette "pratique" ancestrale.
    Il faut espèrer que la nouvelle loi en projet pour renforcer la protection des jumeaux de Mananjary va mettre progressivement fin aux pratiques culturelles néfastes bafouant les droits de ces nouveaux-nés qui sont abandonnés et exclus de la société.
    La campagne de sensibilisation de la population locale pourra je le souhaite également enrayer le phénomène et voir disparaitre ce tabou d'élever des jumeaux.
    Il reste qu'il sera difficile d'effacer une pratique culturelle aussi ancienne et de rattraper les conséquences malheureuses chez ceux qui l' ont endurée.



    Merci Guy pour l'ouverture de ce sujet douloureux mais bien présent


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    Re: Madagascar difficille a croire

    Message par Guy le Ven 1 Aoû - 14:41

    Merci Christine pour ce petit commentaire
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    Re: Madagascar difficille a croire

    Message par Christine le Ven 1 Aoû - 20:41

    La légende des jumeaux de Mananjary

    Avoir des jumeaux est "fady" à Mananjary.
    C'est la raison pour laquelle Mananjary est un centre d'adoption réputé.
    Comme souvent ce drame est l'occasion d'évoquer une légende
    (qui pour certains à valeur d'expédient) plus ou moins vraissemblable.
    Autrefois,la tribu qui vivait ici n'était pas très nombreuse.
    Quand des ennemis(les Merina probablement)envahirent la côte,ils décidèrent
    de ne pas lutter et de se cacher.
    Cependant,une femme avait deux enfants jumeaux.
    L'un d'eux se mit à pleurer tandis que l'assemblée faisait silence dans l'antre secrète.
    La femme lui donne le sein en hâte,mais au même moment,l'autre y va aussi
    de ses cris et de ses larmes.
    Entendant le tumulte,les soldats ennemis trouvent la cachette et massacrent
    la plupart des membres de la tribu.
    Depuis,les survivants auraient fait voeu de ne plus accepter de jumeaux
    en souvenir de ce jour funeste.


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    Re: Madagascar difficille a croire

    Message par Guy le Ven 1 Aoû - 22:58

    Tu sais Christine Madagascar est le pays des légendes
    il y en a de tout les sujets et pour eux ils ont tous leur importance.
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    Guy

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    Re: Madagascar difficille a croire

    Message par Guy le Mer 6 Aoû - 23:59



    État civil
    Deux millions d'enfants à enregistrer
    Deux millions d'enfants sont dépourvus d'acte de naissance. L'opération d'enregistrement rétroactif de naissance nécessite un fonds supplémentaire.


    Les défauts d’acte d’état civil sont aussi fréquents en milieu urbain que rural.
    Deux millions d'enfants sans état civil. L'opération d'enregistrement rétroactif de naissance (EKA) fait face à un grand défi. Un fonds complémentaire est de mise pour pouvoir atteindre son objectif. Il s'agit de ramener à zéro le nombre d'enfants sans acte de naissance d'ici 2011.
    « Notre projet a besoin plus de fonds pour de couvrir entièrement les mille cinq cent huit communes », souligne Moïse Rambeloson, coordonnateur national du programme EKA. Depuis le lancement de ce projet en 2004, 200 000 sur les 400.000 enfants sans copie d'état civil recensés ont pu récupérer leur acte de naissance.
    Raisons diverses
    Le défaut d'acte d'état civil est aussi fréquent en milieu urbain que dans les campagnes. Le cas de Thérèse Ranoro, une habitante du quartier d'Antohomadinika illustre ceux des autres parents des bas quartiers. « Nos six enfants ne disposent pas jusqu'ici de copies d'acte de naissance parce que nous n'avons pas pu effectuer l'enregistrement dans le délai de 12 jours imparti. Nous devons travailler au jour le jour pour gagner notre pain », se plaint-elle.
    Pour certains parents de la brousse, les raisons de cette lacune varient d'une région à l'autre. « Notre coutume veut qu'on n'enregistre un enfant qu'une fois qu'il a dépassé ses trois premiers mois », déclare André Kalo, un père de famille demeurant à Alaotra Mangoro. L'enclavement reste en outre la raison habituelle dans les différentes parties de Madagascar.
    Afin de résoudre ce problème, l'Unicef apporte sa contribution pour accéler l'enregistrement rétroactif de naissance. « Nous travaillons d'arrache-pied en ce moment, avec le ministère de la Justice et de l'Intérieur, pour faciliter les procédures », appuie Bruno Maes, représentant résident de l'Unicef à Madagascar.
    Une nouvelle campagne nationale de sensibilisation s'est tenue dans le district d'Andilamena, le 29 juillet pour renforcer les actions de l’EKA. L'objectif est d'enregistrer les deux cent mille enfants en instance, répartis dans trois cent cinquante communes dans toute l'Ile.

    Noro Haingo Rakotoseheno
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    Roger

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    Re: Madagascar difficille a croire

    Message par Roger le Jeu 7 Aoû - 23:50

    il va y avoir des erreurs sur les dates de naissance, tu crois pas Guy ?

    Au sénégal, quand tu perds ta carte d'identité, on t'en refait une. Tu remplis un formulaire où tu marques ta date de naissance. Tu peux te rajeunir si tu veux, et voila.
    Comme la loi interdit de travailler au delà de 60 ans, à cet age tu perds ta carte d'identité et tu la fait refaire en indiquant une nouvelle date de naissance.
    Elle te permet désormais de continuer à travailler.


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    Guy

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    Re: Madagascar difficille a croire

    Message par Guy le Jeu 7 Aoû - 23:56

    Mais c'est bien sûr Roger,c'est comme " ma fille Andréa "
    a un an près on ne connais pas son âge.
    En brousse beaucoup de personne ne connaisse pas leur âge,et
    là cela n'a pas d'importance.
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    Re: Madagascar difficille a croire

    Message par sabine66 le Ven 8 Aoû - 17:48

    Je ne savais pas pour les jumeaux de Madagascar,merci pour ce reportage intéressant Guy!
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    Guy

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    Re: Madagascar difficille a croire

    Message par Guy le Ven 8 Aoû - 18:40

    Mais de rien Sabine si tu es contente moi encore plus

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    Roger

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    Re: Madagascar difficille a croire

    Message par Roger le Ven 8 Aoû - 20:58

    En fait, si j'ai bien compris, cette pratique d'abandon des jumeaux est typique à Madagascar. Je l’ignorais. Mais cet abandon a lieu vers quel âge ?

    C'est un peu comme ce qui se passait en Chine jusqu’à une période assez récente. Les familles tuent les bébé filles, préférant les garçons pour des questions de rentabilité au travail. C'est triste pour ces pauvres enfants mais c'est aussi triste pour ces populations d'hommes qui aujourd’hui ne trouvent pas d'épouse. On a vu un reportage télévisé sur le sujet il n’y a pas longtemps.

    Mais on oublie aussi les albinos, ces enfants noirs nés blanc et que tout le monde rejette dès la naissance au Sénégal. On en voit pas mal à Dakar qui errent dans les rues. Les Sénégalais disent qu’ils sont possédés mais nous, européens savons bien qu’il n’en est rien.

    Nous en Europe on ne fait pas mieux puisque des mamans peuvent naître sous X et que celles qui accouchent chez elles peuvent se séparer de leurs enfants en les déposant dans des poubelles, ou devant des entrées de maison ou d’hôpitaux. C’est pas mieux non plus.


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    Re: Madagascar difficille a croire

    Message par Guy le Mer 20 Aoû - 22:37

    Un article que je viens de trouver,horreur.

    Madagascar - Diego Suarez
    de Jo, le 26-07-2008

    Insolites: les jumeaux

    Dans certaines tribus malgaches, il y a des rites autour de la naissance de jumeaux qu’il faut pratiquer en présence d’un voyant pour pouvoir garder les deux nourrissons dans la famille. Les traditions diffèrent selon les tribus. Certaines mettent les deux bébés à la sortie d’un enclos de zébus, les zébus sortent et on récupère le ou les survivants. Cela permet d’enlever le mauvais sort ; dans d’autres tribus, on donne un des deux bébés à la nature, comme « Moise », l’enfant qui n’est pas gardé est mis à la rivière.
    Lors de du décès d’un des jumeaux, on enterre le défunt avec un tronc d’arbre d’ananas, pour ne pas porter malheur à celui resté en vie.

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    Roger

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    Re: Madagascar difficille a croire

    Message par Roger le Mer 20 Aoû - 23:14

    Ces pratiques ancestrales nous émeuvent, nous qui ne croyons plus depuis longtemps à ces choses là.
    Pauvres gosses !


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    Re: Madagascar difficille a croire

    Message par Guy le Jeu 21 Aoû - 23:15












    SOCIAL

    Droits des enfants
    Le drame des jumeaux abandonnés de Mananjary
    Le phénomène d'abandon d'enfants à Mananjary devient une préoccupation internationale. Certains parents ne peuvent, hélas, échapper aux pratiques culturelles


    L'abandon de jumeaux entrave les efforts à promouvoir les droits des enfants.
    Dur de naître jumeaux à Mananjary, dans la région de Vatovavy-Fitovinany. La communauté Antambahoaka ne les garde pas. Ils sont abandonnés, rejetés ou pire, considérés comme des paquets. Une jeune femme de 29 ans cherche encore aujourd’hui sa sœur jumelle. Rejetée par ses parents biologiques Antambahoaka à sa naissance, elle a été recueillie par une famille Antemoro, une autre ethnie à Mananjary qui ne pratique pas l’abandon de jumeaux.
    Elle a souffert de son statut d’enfant abandonné et ramassé. Elle en veut toujours à ses parents biologiques. A la mort de ces derniers, elle a refusé d’assister à l’enterrement. « Je ne connais pas ma jumelle, élevée par quelqu’un d’autre. J’ai cherché ma sœur mais sans résultat », exprime avec regret cette jeune femme devenue maman d’une petite fille.
    A Mananjary, « sept sites occupés par la communauté Antambahoaka considèrent la naissance des jumeaux comme un mauvais signe depuis des siècles. Le fady autour des jumeaux y est observé jusqu’à ce jour et fait pression sur les parents qui n’ont guère le choix », souligne Nelly Rasoanaivo, historienne membre de l'équipe d'enquêteurs à Mananjary en juillet 2007.
    Julien, un secrétaire de 49 ans et sa femme une institutrice de 46 ans, ont dû laisser leurs jumeaux chez une tante maternelle. Une décision qu’ils jugent positive car au moins les enfants restent dans la famille.
    La présence d’un centre d’accueil offre un deuxième choix aux parents. Ne pouvant pas rester vivre normalement dans la localité d’Ambohitsara, un village à Mananjary, l’institutrice a envoyé ses enfants frappés de malédiction en adoption par l’intermédiaire du centre d’accueil et de transit des jumeaux abandonnés (CATJA) créé en 1987. La mère souffre actuellement car elle n’a plus de contact avec ses enfants.
    Se dresser contre le tabou
    Certaines familles ont osé se dresser contre le tabou, mais les conséquences de leurs actes sont graves. Certaines
    Une grande campagne pour sensibiliser les familles recherche des volontaires.
    congrégations religieuses sont heureusement présentes pour les aider à affronter les difficultés et les misères que leur fait la communauté. «C’est la foi qui nous a donné le courage de garder les jumeaux malgré le fady. Nous assumons les conséquences de notre choix en tant qu’Antambahoaka. Nous ne pouvons plus fréquenter le tranobe et ne serons pas enterrés dans nos tombeaux familiaux », explique un couple de charpentier qui a des jumeaux de 4 ans.
    Roger, un employé de voirie retraité et sa femme ménagère ont eux aussi gardé leurs jumeaux malgré leur pauvreté. « Nous souhaitons un appui de l’Etat et espérons qu’une table ronde sur la question puisse être organisée dans le tranobe un jour ».
    Pour les Ampanjaka ou les chefs coutumiers, leur position reste inchangée. « Nous n'interdisons ni n'encourageons les jeunes à sacrifier leurs enfants jumeaux. Mais ils doivent subir les conséquences de leurs actes », annonce l'un d'eux.
    Mais l’autre situation inquiétante qui interpelle le comité des droits de l’Homme est qu’à Mananjary, certains jumeaux présentent des anomalies physiques et que la souffrance psychologique des enfants passe presque inaperçue.
    Beaucoup de ces jumeaux sont aussi assujettis à l'adoption de façon informelle. « La nouvelle loi sur l'adoption a freiné ces pratiques pour mieux assurer la protection des enfants », lance pour sa part Lucien Rakotoniaina, directeur des études, responsable du projet droits de l'Homme au sein du ministère de la Justice.

    Encadré
    Des statistiques méconnues
    Les accouchements gémellaires sont peu recensés dans le district de Mananjary. Les enquêteurs de l'étude ont eu du mal à trouver une statistique officielle du nombre exact des jumeaux nés à Mananjary.
    « Le chiffre disponible est celui d’août 2003 à juillet 2007 où le taux d'accouchement gémellaire s'élève à 1,15% contre 2,8% pour le pourcentage national », précise Dr Gracy Fernandez.
    16 jumeaux nés sont recensés dans le CHD II de Mananjary contre 18 enregistrés au sein de la commune urbaine de Mananjary.
    Mais d’autres chiffres sont révélés dans les deux centres d’accueil. 26 jumeaux ont été pris en charge dans le centre Fanantenane contre 209 au CAT JA depuis 1987.

    Fanja Saholiarisoa
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    Roger

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    Re: Madagascar difficille a croire

    Message par Roger le Jeu 21 Aoû - 23:27

    Mais au Sénégal c'est pas mieux;
    Lisez le sujet sur l'association " vivre ensemble " dans la rubrique " Faire de l'humanitaire " . C'est pareil. Plein de jumeaux y sont accueillis car les familles pauvres et en Brousse n'ont pas les moyens d'élever deux enfants à la fois;

    http://planetevoyages.newfreeforum.com/l-afrique-f58/senegal-le-benevolat-et-les-stages-association-vivre-ensemble-t12.htm


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    Re: Madagascar difficille a croire

    Message par Christine le Lun 25 Aoû - 3:02

    20 accouchements sur 1000 sont gémellaires en Afrique contre 12 en Europe. 41% des 2.8 millions jumeaux estimés annuellement dans le monde proviennent du continent africain.
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    Re: Madagascar difficille a croire

    Message par sabine66 le Ven 29 Aoû - 19:09

    Merci de nous tenir au courant de l'évolution Guy!
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    Re: Madagascar difficille a croire

    Message par Guy le Ven 29 Aoû - 19:31

    Bonjour Sabine
    C'est avec plaisir que je vous tiens au courant,
    je sais que ce n'est pas joyeux mais c'est la réalité.Bonne soirée et gros bisous
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    Re: Madagascar difficille a croire

    Message par sabine66 le Ven 29 Aoû - 19:34

    C'est ce que j'aime bien sur ce forum,il y a de tout....Merci Guy bonne soirée à toi aussi!
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    Re: Madagascar difficille a croire

    Message par Guy le Lun 8 Sep - 12:58

    Voici encore un article

    Le Monde.fr 07/09/2008
    Reportage :Les jumeaux maudits de Mananjary (MADAGASCAR) Dina et Diari, 5 mois, entrelacent leurs doigts délicats. Allongés sur le dos, côte à côte, au centre d'un vieux lit à barreaux à la peinture écaillée, ces deux frères jumeaux fixent les visiteurs de leurs grands yeux noirs et brillants. Ils ont été recueillis par le Centre d'accueil et de transit des jumeaux abandonnés (Catja), à Mananjary, ville froide et humide de la côte sud-est de Madagascar, à 450 kilomètres de la capitale, Antananarivo. Il y a un siècle, leur crâne aurait été fracassé sous les sabots des zébus. Aujourd'hui encore, Dina et Diari sont jumeaux, donc maudits.
    Ainsi le veut l'implacable coutume des Antambahoaka. Cette ethnie, l'une des dix-huit de Madagascar, compterait 22 000 âmes - chiffre approximatif, car aucune statistique ethnique n'est autorisée - sur 18 millions d'habitants. "On fait ainsi parce que nos parents l'ont toujours fait, et nous devons nous y soumettre", admet une habitante de Mananjary.
    Connus pour le "fady kambana", ou "tabou des jumeaux", les membres de l'ethnie Antambahoaka sont tenus à l'écart par les autres castes.
    "Il ne faut pas leur parler de cette histoire, assure Georges-Antoine Rajaonarivelo, 67 ans, un ancien habitant de Mananjary, membre d'une autre ethnie. La malédiction frappe uniquement leurs jumeaux. Ceux d'une autre ethnie, élevés à Mananjary, ne seront pas condamnés à y vivre en parias."
    Les origines de la malédiction se perdent dans la nuit des temps. A son arrivée à l'embouchure du fleuve Sakaleona, au nord de Mananjary, le premier Antambahoaka aurait choisi son épouse parmi les femmes de la région. Enceinte de jumeaux, elle décéda en couches. Le malheur frappa sa deuxième, puis sa troisième épouse. Le chef du clan jura alors que sa descendance n'élèverait jamais de jumeaux.
    Au XIXe siècle, un astrologue persuada Ranavalona Ire (1828-1861), l'autoritaire reine de la Grande Ile, que les enfants nés sous le signe des gémeaux, signe puissant mais violent, étaient voués à une destinée exceptionnelle. Craignant sa déchéance, la souveraine imposa aux parents de les tuer ou de les déposer à la porte d'une étable. S'ils échappaient au piétinement des zébus, les nouveau-nés pouvaient vivre. Enfin, une légende, plus proche des soucis alimentaires quotidiens, raconte la difficulté d'un chef de clan à nourrir ses jumeaux lors d'une disette.
    Aucune pluie diluvienne, aucun raz-de-marée de l'océan Indien, n'a jamais lavé les terres de Mananjary de la malédiction. Une mère se souvient de l'immense tristesse dans sa famille au moment du départ des


    jumeaux pour une adoption internationale : "Comme si nous vivions un funèbre départ mortuaire." Devant son désarroi, son mari fit sur- le- champ le serment de passer outre le tabou pour sa descendance.

    Aujourd'hui, cette femme ne sait pas où vivent ses enfants. Elle admet que "la tristesse et la nostalgie provoquent des perturbations en elle". Une voisine se souvient de son accouchement : "Elle s'appliquait à tourner la tête en fermant les yeux pour ne surtout pas garder un seul souvenir des enfants emportés." D'autres femmes acceptent la malédiction et privilégient le respect des coutumes : "On ne doit pas se séparer des autres."
    A Mananjary, dans le quartier Andovosira, le "palais" du mpanjaka, le chef de clan, ne paie pas de mine. Derrière un garage automobile, rien ne distingue cette case d'une autre, hormis les quatre oiseaux en métal fixés dos à dos sur le toit. Derrière cette façade sur pilotis, les coutumes préservées par le chef traditionnel ont plus de poids que n'importe quelle directive internationale. Accompagné de son épouse, un homme âgé à la peau tannée, en short et bras de chemise, sort, s'avance pour vous serrer la main, puis disparaît par la porte de son "palais". Impossible de lui arracher un mot sur les jumeaux. Une spécialiste reconnaît : "Ces chefs sont de petits dieux."
    L'index pointé vers le ciel, un vieil habitant de Mananjary assure qu'"il n'y a que les chiens pour avoir des portées multiples. Et ici, sur la côte, être traité de chien, c'est la pire des insultes !" La coutume insinue aussi qu'un homme engendre un enfant à la fois. Si deux naissent en même temps, l'épouse lui aura été infidèle.
    A l'école de service social d'Antananarivo, Gracy Fernandes, professeur de sciences sociales et auteur d'un rapport sur l'abandon des jumeaux à Mananjary, explique la mécanique et les méandres des coutumes. "Il ne faut pas chercher une logique basée sur la rationalité, analyse-t-elle, mais sur l'expérience, vraie ou supposée, de la malédiction." Du bout des doigts, la sociologue déroule une carte de Mananjary. Elle localise, quartier par quartier, les dix tranobe, les "palais" où vivent les raiamandreny, les chefs coutumiers, et les mpanjaka, les chefs de clan.
    Pour que les chefs Antambahoaka n'aient jamais à croiser les petits damnés, un orphelinat a été bâti au-delà des eaux saumâtres du canal des Pangalanes. C'était en 1987. Auguste Simintramana, un chrétien étranger à ce territoire, prit l'initiative de fonder le Catja, l'un des deux orphelinats de la ville. On lui attribua un curieux terrain couvert de plantes grasses. Un sage de Mananjary, du haut de son 4×4, se souvient de l'odeur pestilentielle que cette "forêt" de népenthes exhalait à l'époque. Au fond de leur urne, ces plantes carnivores digéraient lentement les cadavres d'insectes et d'oisillons.
    Aujourd'hui, une distance demeure entre les pensionnaires et la ville. Loin des bâtisses coloniales aux façades vermoulues, trois bâtiments propres, construits de plain-pied, abritent les quatre-vingt-cinq résidents, dont vingt jumeaux. La pouponnière du Catja est une pièce simple et chaleureuse. Au centre, quatre jumeaux de 10 mois, garçons et filles, tournicotent sur une mélodie égrenée par une berceuse électrique. Quelques peluches élimées sont posées aux coins des lits. La directrice, Julie Rasoarimanana - la veuve d'Auguste Simintramana -, ne s'inquiète pas pour l'avenir de Dina et Diari : "Ils seront rapidement adoptés, mais pas dans une famille Antambahoaka."
    Peu à peu, les abandons reculent, sans vraiment disparaître. Faute de statistiques fiables, Gracy Fernandes avance un taux d'accouchement gémellaire de 1,15 % à Mananjary, alors que la moyenne nationale est de 2,8 %. "Les naissances de jumeaux sont probablement sous-déclarées dans le district de Mananjary", explique Valérie Delaunay de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) à Antananarivo. Les parents de jumeaux qui passent outre la coutume acceptent de vivre "à distance respectueuse" des dix tranobe. Ils parlent d'une "cohabitation codée" avec les chefs de clan. "Ils sont vraiment courageux d'élever leurs enfants sur place", reconnaît un ancien, admiratif.
    A la périphérie de la vibrionnante Antananarivo, le nouveau siège de l'Unicef capte la lumière de toutes ses façades aux vitres bleutées. En mêlant le français et l'anglais, Casimira Benge, responsable de la protection de l'enfance, admet que "la question des jumeaux est très délicate. L'Unicef ne peut pas en parler explicitement, ils ne doivent pas être stigmatisés."
    Ce tabou a entraîné un flux régulier d'adoptions par des couples occidentaux. Au Catja, sur 420 enfants adoptés dans le monde, 300 l'ont été par des couples français entre 1987 et 2006. A cette date, les adoptions internationales ont été suspendues, le temps d'adapter la procédure malgache à la convention de La Haye. Depuis février, adopter des enfants malgaches est à nouveau possible. Des efforts ont été faits pour régulariser la procédure. Les experts du Comité des droits de l'homme, basé à Genève, les ont tout de même épinglées en mars 2007 en montrant "l'existence de juridictions coutumières violant les normes juridiques internationales" et des "abus contre les enfants jumeaux".
    Le quotidien L'Express de Madagascar annonçait en décembre 2007 un projet de législation en faveur des jumeaux de Mananjary et une campagne de sensibilisation de la population locale. "Le droit coutumier entrave la mise en oeuvre de la convention des droits des enfants. Il contredit les principes des textes", admettait en avril la directrice de la réforme législative au ministère de la justice, Laurette Randrianantenaina. Jointe par téléphone, la magistrate semble peu désireuse de répondre aux questions et coupe court à la conversation en déclarant que la réforme législative n'est plus d'actualité.
    A Mananjary, la vie continue. Deux jumeaux de 13 ans, cités dans le rapport de la sociologue Gracy Fernandes, interpellent ainsi le président de la République, Marc Ravalomanana : "On (vous) demande de nous aider (...). Les petits jumeaux sont des êtres humains comme vous."
    Linda Caille

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    Christine

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    Re: Madagascar difficille a croire

    Message par Christine le Mar 9 Sep - 10:12

    Guy!
    L'article est vraiment bien construit ,chapeau à la journaliste pour le fond et la forme.
    J'y ai appris des éléments d'histoire que je ne connaissais encore pas.
    Au delà de la gravité du sujet et de mon émotion,je suis contente que cette page soit tirée d'un grand journal Français
    c'est preuve que la malédiction des jumeaux de Manjary traverse les frontières ,jusqu'à présent
    tous les articles étaient extraits de journaux malgaches.
    Une autre note d'espoir?
    Mais je le redis l'article est excellent Linda Caille!



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    Re: Madagascar difficille a croire

    Message par sabine66 le Sam 13 Sep - 18:53

    Oui je suis tout à fait de l'avis de Christine l'article est très bon et qu'il soit publié dans Le Monde est encourageant!

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    Re: Madagascar difficille a croire

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