Amerique centrale - Février/mars 2012

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    Arawak

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    Amerique centrale - Février/mars 2012

    Message par Arawak le Jeu 29 Mar - 10:47


    Avant de commencer ce CR, voici une petite présentation du Salvador.

    Le Salvador est le plus petit des États centraméricains. Son axe est-ouest est long de deux cent soixante kilomètres et, dans le sens nord-sud, il fait tout au plus cent kilomètres de largeur. Il a pour voisins le Guatemala à l’ouest et le Honduras à l’est et au nord.

    Le relief du Salvador est composé d’un plateau central peu élévé (de 400 à 800 m d’altitudes) découpé par des vallées fluviales et recouvert par de nombreux volcans (Santa Ana, San Vicente, San Salvador. Tepaca. Conchagua) dont certains sont encore actifs. La partie la plus élévée du pays se situe dans le Nord, au massif de Monte Cristo (2 418 m). L’étroite bande côtière qui longe l’océan Pacifique ne dépasse pas 25 km de large. Le rio Lempa qui est partiellement navigable, est le principal fleuve du pays.

    De nombreuses civilisations amérindiennes se sont épanouies dans l’actuel Salvador bien avant la conquête espagnole, au debut du XVI e siècle, et la région était peuplée marjoiritairement de Pipils, Indiens de langues nahuati, lors de sa conquête, en 1524, par l’espagnol Pedro de Alvarado. Elle fut ensuite administrée par la capitainereie générale du Guatemala, et les peuples indigènes furent décimés.

    Après deux tentatives infructueuses, en 1811 et en 1814, le Salvador accéda à l’indépendance en 1821, pour être aussitôt englobé dans l’ éphémère empire du Mexique d’Agustin de Iturbide.

    En 1823, après l’effondrement de l’empire, le Salvador et ses voisins formèrent les Provinces-unie d’Amérique centrale, une fois la fédération dissoute (1838), le Salvador put proclamer son entière souveraineté en 1841.

    Pendant plusieurs décennies, le pays connut une succession de conflits entre libéraux et conservateur. La culture du café prit son plein essor dans les années 1850 et devint la base de l’économie du Salvador.

    La crise du 1929, responsable de l’effondrement des cours de café, exacerba les tensions sociales. En 1931, un soulèvement paysan, dans l’ouest du pays, fut réprimé dans le sang (30 000 morts) par le général Maximiliano Hernandez Martinez, dictateur du pays jusqu’en 1944. Les militaires devaient continuer de diriger le Salvador jusqu’au début des années 1980.

    En 1979, un coup d’état dirigé par une junte composée de militaires et de civils permit à Duarte d’accéder à la tête de l’Etat l’année suivante (il fut élu président en mai 1994) sans que cessent pour autant les combats entre les guérilleros du FFMLN et l’armée salvadorienne, désormais soutenue financièrement par les Etats-Unis. La guerre civile, symbolisée par l’assassinat, dans sa cathédrale, de Monseigneur Romero, archevêque de San Salvador et défenseur des paysans (mars 1980), devait faire 100 000 morts en dix ans et paralyser l’économie du pays.

    Les négociations de paix entre le gouvernement et le FFMLN, entamées par Duate, se poursuivirent après l’élection, en 1989, du candidat de l’Arena, Alfredo Christiani. Les deux parties acceptèrent la médiation des Nations unies et après de longs mois de négociations difficiles, signèrent des accords de paix sous l’égide de l’ONU en janvier 1994 (traité de chapultepec). La fin de la guerre fut officiellement proclamée en décembre 1992.

    En vertu des accords de paix, les forces rebelles acceptaient de déposer les armes et de prendre part au processus politique ; elles se joignirent à une coalition de partis baptisée Convergence démocratique. La transition vers une réconciliation nationale et la démocratie connut des heurts tout au long de l’année 1993, mais des élections eurent lieu comme prévu en avril 1994. Armando Calderon Sol, dirigeant de l’Arena, fut alors élu à la tête de l’Etat.

    Le climat du Salvador est tropical, avec une saison sèche (novembre à avril) et une saison humide (mai à octobre). On rencontre selon l’altitude, des terres chaudes (tierras calientés, jusqu’à 800 mêtres des terres tempérées, (tierras templadas), jusqu’à 1800 m et au-déla des terres froides (tierras frias). La température annuelle moyenne de la capitale, San Salvador est de 24 °C.

    La population du Salvador est évaluée à 5.77 millions d’habitants Plus de 90 % des Salvadoriens sont des métis (d’Espagnols et d’Indiens. L’espagnol est la langue officielle du pays.

    Le pays est divisé en quatorze départements. La population de San Salvador, capitale, et la plus grande ville du pays, s’élève à 450 000 habitants (1 500 000 habitants avec l’agglomération). Suivent Santé Ana (228 000 habitants) et San Miguel (180 000 habitants), située au pied du volcan San Miguel.

    Le Salvador est gouverné selon la Constitution du 20 décembre 1983, qui établit un régime présidentiel, avec un président de la République élu pour cinq ans au suffrage universel, et une assemblée législative, dont les membres sont élus, également au suffrage universel, tous les trois ans. La Constitution de 1983 renforça l’indépendance du pouvoir judiciaire. L’organe judiciaire le plus élevé, la Cour suprême est élue par l’assemblée législative.

    Au début des années 1990, les principaux partis politiques du Salvador étaient le Parti de conciliation nationale (PCN), le parti démocrate-chrétien (PDC et l’alliance républicaine nationaliste (arena). De nombreux groupes de guérilla sont devenus des partis politiques légaux, notamment le Front Farabundo Marti de libération nationale (FFMLN).


    Dernière édition par Arawak le Lun 2 Avr - 15:27, édité 1 fois
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    Arawak

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    Re: Amerique centrale - Février/mars 2012

    Message par Arawak le Jeu 29 Mar - 11:41

    San Salvador


    La ville de San Salvador est la capitale de la République d'El Salvador et le chef-lieu du département de San Salvador. Elle est la principale ville du pays et la seconde ville la plus peuplée d'Amérique centrale après la ville de Guatemala.

    La ville fut baptisée ainsi au nom de Jésus Christ sous le titre de « Divino Salvador del Mundo » (le Divin Sauveur du Monde).

    Située dans la « Valle de Las Hamacas » (vallée des hamacs – selon les nombreux tremblements de terre que connait la région) et au pied du volcan de Quetzaltepec (ou de San Salvador), la ville se trouve à une altitude moyenne de 560 mètres.


    Les origines de la cité remontent à l'époque précolombienne. C'est près de l'endroit où se trouve actuellement San Salvador que la capitale du Royaume de Cuzcatlan des Pipils, descendants des Toltèques à Mexico, était établi leur capitale, Cuzcatlán. Cependant, il existe peu d'informations sur cette cité, car celle-ci fut abandonnée par ses habitants pour échapper à la domination espagnole. En effet, à l'arrivée des espagnoles dans la « Valle de las Hamacas » en 1525 les indiens s'enfuirent dans les montagnes avoisinantes pour éviter les combats et les conquistadores fondèrent la « villa de San Salvador » en avril de la même année (plus au sud que la localisation actuelle de la ville). Les pipils attaquèrent la ville en juin 1526 et l'incendièrent provoquant la fuite des espagnoles. Une deuxième expédition venant du Guatemala fonda de nouveau en 1528 « villa de San Salvador » dans la même vallée mais pas à l'endroit exacte de la première ville, à proximité de la ville coloniale de Suchitoto, située au nord du San Salvador actuel.

    La ville fut déplacée une nouvelle - et dernière - fois en 1545 à la suite de la fin de la résistance indienne.






    À l'époque coloniale, la ville était le centre administratif de « l'Intendance de San Salvador » (ou « Commune de San Salvador » selon les époques). Au début du XIX siècle, la ville est le théâtre de mouvements indépendantistes dont le « Premier cris d'indépendance » d'Amérique centrale en 1811. Ces mouvements sont cependant écrasés par les loyalistes et il faudra attendre la déclaration d'indépendance de la Capitainerie Générale de Guatemala (dont San Salvador était intégré) le 15 septembre 1821 pour que la ville ne soit plus sous domination espagnole. La capitainerie générale décide alors d'intégrer l'Empire mexicain mais l'Intendance de San Salvador refuse et l'armée mexicaine est obligé de venir établir sa domination par la force en 1822.

    À la suite de l'effondrement de l'Empire mexicain en 1823, la République fédérale d'Amérique centrale est formée. San Salvador devient alors la capitale de l'État fédéré d'El Salvador le 12 juin 1824. À la suite des mouvements d'indépendance du Salvador, San Salvador devient la capitale fédérale de 1834 à 1839 pour asseoir l'autorité de l'Etat fédéral. Celui-ci s'effondre pourtant en 1840 et le Salvador devient un Etat indépendant et souverain avec San Salvador comme capitale.






    Dans les années 1980, les conflits au Salvador menèrent à une guerre civile, et de nombreuses personnes fuirent pour la ville, la plupart des combats se déroulant dans le nord du pays. L'archevêque de San Salvador, Oscar Romero, fut assassiné en 1980 alors qu'il célébrait la messe dans un hôpital de San Salvador par des escadrons de la mort d'extrême-droite pour avoir un discours proche de la théologie de libération. La ville de San Salvador fut le théâtre de deux « offensives finales » de la part de la guérilla, l'une en 1981 et l'autre en 1989, que l'armée repoussa.






    Située dans une zone sismique, San Salvador fut détruit partiellement ou totalement plusieurs fois dans son histoire. On peut notamment cité les tremblements de terre de 1575, 1592, 1625, 1648, 1719, 1815 et 1985. Cette suite de tremblements de terre est la cause de la disparition des monuments coloniaux, aujourd'hui les principaux monuments historiques datent de la fin du XIX siècle.

    En 1917 le volcan de San Salvador est entré en éruption, causant trois tremblements de terre majeurs qui endommagèrent tellement la ville que le gouvernement fut contraint de déplacer la capitale à Santa Tecla, renommée pour l'occasion Nueva San Salvador. Le tremblement de terre le plus récent, en 2001, causa de nombreux dommages, surtout dans la banlieue de Las Colinas où un glissement de terrain tua plusieurs personnes.

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    Re: Amerique centrale - Février/mars 2012

    Message par Lamouette 2 le Jeu 29 Mar - 22:09

    Conquistadors espagnols, indiens, le décor est planté pour une grande saga et un formidable dépaysement . Merci Arrawak pour ce début illustré de belles photos .
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    Arawak

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    Re: Amerique centrale - Février/mars 2012

    Message par Arawak le Ven 30 Mar - 11:58


    Sur la route qui nous mènera de la capitale à Joya de Ceren et San Andrès, nous ferons un peu mieux connaissance avec le pays.

    Nous nous rendrons vite compte, tout comme au Guatemala il y a quatre ans, que l'espace boisé à grandement souffert de la déforestation; beaucoup de verdure, peu d'arbres nobles. La pauvreté est partout dès que l'on quitte les zones urbaines.










    On trouve des petites échoppes un peu partout au bord des routes. Beaucoup vendent des produits de base (fruits et légumes), d'autres font de la "restauration" rapide, et on se demande comment ce petit monde peut gagner de quoi subsister.

    La crasse est malheureusement aussi présente un peu partout. Comme il n'existe pas de ramassage des ordures, celles-ci s'amoncellent le long des routes aux alentours des zones habitées. L'environnement en prend un sacré coup.








    Beaucoup de circulation sur les routes : énormément de camions imposants et de bus (d'anciens bus scolaires nord-américains achetés par le gouvernement salvadorien il y a maintenant plus de 35 ans), car il n'existe pas (plus) de réseau ferroviaire au Salvador.

    Le relief est accidenté, ce qui implique que même si les distances sont courtes (le pays est petit), le temps passé sur la route est relativement long.







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    Arawak

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    Re: Amerique centrale - Février/mars 2012

    Message par Arawak le Ven 30 Mar - 17:26

    Joya de Cerén


    Joya de Cerén est un site archéologique à 25 km de San Salvador, aux environs de San Juan de Opico et de Las Flores. Le site fut découvert au moment de la construction par le gouvernement d'un silo de stockage de céréales en 1976 et qu'un bulldozer mit à jour une structure d'argile. Des fouilles furent entreprises sous la direction du Dr Paysan D. Sheets de l'Université de Colorado en 1978 et 1980. Elles furent interrompues par la guerre civile. Elles reprirent en 1989 et se poursuivent depuis lors.

    Joya de Ceren était une communauté agricole préhispanique qui, comme Pompéi et Herculanum en Italie, fut brutalement engloutie par une éruption du volcan Laguna Caldera vers 600. Grâce à leur parfait état de conservation, ses vestiges témoignent de la vie quotidienne des cultivateurs mésoaméricains de l’époque.






    Joya de Cerén offre un témoignage remarquable sur la vie quotidienne d'une communauté agricole méso-américaine dans le courant du VIe siècle, sans parallèle connu dans toute cette région culturelle. Comme Pompéi et Herculanum en Italie, cette communauté de fermiers préhispanique a été enfouie lors d'une éruption volcanique, vers 590 apr. J.-C. Si un tremblement de terre, en avertissant ses habitants du danger, leur a apparemment donné le temps de fuir, les cendres ont conservé leurs biens personnels : leurs outils de jardinage et leurs pots remplis de fèves, leurs matelas et leurs objets de culte, en arrêtant la chronologie du village à cet instant précis. En raison de ses exceptionnelles conditions de conservation, le site offre un aperçu de la vie quotidienne des peuples d'Amérique centrale qui travaillaient la terre à cette époque.






    Douze structures ont été fouillées : des maisons, des entrepôts, des ateliers, des cuisines, un bain de vapeur communautaire et un édifice religieux. Bien que nul reste humain n'ait été retrouvé au cours des fouilles, on pense que Cerén comptait environ 200 habitants. Les édifices forment des ensembles qui comprennent habitations, lieux de stockage, de cuisine et d'artisanat. Parmi les structures plus spécialisées, on note le bain de vapeur, un grand édifice communautaire et deux autres constructions qui ont probablement été utilisées par un sorcier ou par un guérisseur.

    L'éruption volcanique fut si soudaine que les objets caractéristiques de la vie quotidienne ont été retrouvés encore en place dans les édifices, tandis que les matières périssables, y compris les plantes, se sont conservées à l'état de moulages en négatif dans les dépôts de cendres. Les objets découverts dans les différents édifices permettent pratiquement de dresser l'inventaire de leur contenu au moment de l'éruption.




    Différents champs cultivés, ainsi que de multiples types de plantes, ont également été mis au jour. Ce sont notamment des champs contenant des plants de maïs à différents stades de leur croissance, un jardin potager avec une grande variété de végétaux et un jardin d'agaves (henequén ). Les restes de différents arbres fruitiers, dont le goyavier et le cacao, ont également été découverts.

    Un petit musée à l'entrée du site présente quelques belles pièces retrouvées lors des fouilles.









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    Arawak

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    Re: Amerique centrale - Février/mars 2012

    Message par Arawak le Lun 2 Avr - 10:37

    San Andrés

    San Andrés, est le plus grand site préhispanique d’El Salvador. Il s’agit d’un important centre cérémonial qui a hébergé à l’époque plus de 12000 âmes et qui couvrait environ trois kilomètres carrés d’extension.

    Niché entre de fertiles collines de terres agricoles, le site est composé de sept structures principales mais la plupart reste à découvrir.






    Les premières investigations sur le site de San Andres comme emplacement archéologique datent de la fin du XIX siècle.

    Les recherches effectuées à San Andrés pendant les années 1940-1941, 1977-1978 et 1996-1997 ont révélé d'importantes découvertes et apporté des données précieuses qui permettent de connaître, non seulement, les caractéristiques internes, mais aussi les contacts que San Andres a maintenus avec les autres sites préhispaniques du Salvador et de l’aire maya. Les investigations révèlent différents moments d'occupation préhispanique.






    D'abord, pendant la période Pré-Classique Moyenne (700 avant JC a 250 avant JC), pendant la deuxième période, la période Classique Tardive (600 après JC a 900-100 après JC), et ensuite pendant la période Post-classique. Toutefois, de ces trois périodes d'occupation maya, le plus important fut pendant le Classique Tardif avec la complexité sociale et l'avance culturelle que les mayas avait en ce temps.

    Un petit musée sans grand intérêt se trouve à l'entrée du site.





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    Arawak

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    Re: Amerique centrale - Février/mars 2012

    Message par Arawak le Lun 2 Avr - 16:53

    Perquin

    Direction le nord-est du pays : Perquin, qui fût le quartier général de la résistance du peuple salvadorien et l'une des régions les plus touchées par la guerre civile dans les années 80 et 90.

    Un petit rappel historique s'impose.

    En 1979, la guérilla éclata dans les villes et les campagnes, débutant ainsi 12 années de guerre civile. Un cycle de violence s'installa, des escadrons de la mort d'extrême-droite firent des milliers de victimes. La Force Armée Salvadorienne (ESAF) s'engagea également dans la répression et les massacres aveugles ; le plus notoire fut le massacre d'El Mozote en décembre 1981 où 900 civils furent abattus.

    Le 15 octobre 1979, un groupe d'officiers militaires et de leaders civils évincèrent le gouvernement de droite du général Carlos Humberto Romero (1977 – 1979) et formèrent une junte révolutionnaire.

    Duarte, le leader du PDC, joignit la junte en mars 1980, prenant la tête du gouvernement provisoire jusqu'aux élections de mars 1982. Dans le souci de donner une image plus modérée, la junte initia un programme de réforme du pays et nationalisa les banques et le marché du café et du sucre. Cependant, au même moment, la junte autorisa des membres des « escadrons de la mort », groupes paramilitaires possédant de forts liens avec l'armée, à mener une campagne de terreur contre les dissidents politiques. Les escadrons de la mort exécutèrent alors plusieurs meurtres de hautes personnalités.








    Ainsi l'archevêque Óscar Romero, engagé au côté des paysans dans la lutte politique, fut assassiné par des membres des escadrons de la mort salvadoriens en 1980 dans la chapelle de l'hôpital la providence de San Salvador après avoir publiquement pressé le gouvernement américain de ne pas fournir une aide militaire au gouvernement salvadorien. Quatre religieuses furent également violées et tuées à cette même occasion. Le successeur d'Óscar Romero, Arturo Rivera y Damas (en), déclare alors: « Les pays étrangers, dans leur désir d'hégémonie mondiale, fournissent les armes. Le peuple salvadorien fournit les morts. »

    C'est en tout plusieurs milliers de salvadoriens qui furent assassinés par les escadrons de la mort. Pendant cette période, les partis politiques furent de nouveau autorisés à fonctionner.
    Le 28 mars 1982, les salvadoriens désignèrent une nouvelle assemblée constituante. Après les élections, l'autorité fut transférée à Álvaro Magaña Borja, président provisoire choisi par l'assemblée.

    La constitution de 1983, rédigée par l'assemblée, renforça nettement les droits individuels, établit un garde fou contre les détentions provisoires et les perquisitions excessives, établit également une forme républicaine et pluraliste de gouvernement. Elle renforça, aussi, la branche législative et l'indépendance judiciaire.
    Elle codifia le code du travail, particulièrement pour les ouvriers agricoles. Cependant, en dépit de ces réformes symboliques, dans la pratique les Droits de l'homme, ratifiés par le Salvador, continuèrent d'être bafoués par la campagne de terreur instituée par les brigades de la mort.

    De cette manière, les changements n'ont pas satisfait les mouvements de guérilla, qui se sont unifiés sous le nom de Front de Libération National Farabundo Martí (FMLN). Duarte gagna les élections en face du candidat de la droite Roberto D'Aubuisson de l'Alliance Républicaine Nationaliste (ARENA) avec 54 % des voix et devint ainsi le premier président du Salvador librement élu en plus de 50 ans. Craignant une victoire de d'Aubuisson, la CIA utilisa environ 2 millions de dollars pour soutenir la candidature de Duarte. D'Aubuisson avec son parti ARENA entretenait d'étroits liens avec les brigades de la mort, et fut décrit comme un « tueur pathologique » par l'ancien ambassadeur américain Robert White. En 1989, Alfredo Cristiani appartenant à l'ARENA remporta l’élection présidentielle avec 54 % des voix.










    Son investiture le 1er juin 1989 représente la première passation pacifique du pouvoir d'un leader civil librement élu à un autre. En 1986, la Commission Salvadorienne des Droits de l'Homme publia un rapport de 165 pages sur la prison de Mariona. Le rapport révéla l'usage courant d'au moins 40 pratiques de torture sur les prisonniers politiques. Des militaires américains auraient supervisé ces actes. Le 26 octobre 1987, Herbert Ernesto Anaya, chef de la Commission Salvadorienne des Droits de l'Homme, fut assassiné.

    En dépit des controverses concernant la répression et la brutalité des Forces Armées Salvadoriennes, les États-Unis continuèrent d'apporter de l'aide au Salvador, ce qui vaut à Reagan les critiques de Brzezinski, pourtant guère conciliant avec le FMLN. Pourtant, la situation chaotique du pays ne s'arrangea guère.

    Les États-Unis stoppèrent l’aide militaire fournie au Salvador, à la suite de la multiplication des pressions internes s’opposant à la poursuite cette aide par le gouvernement de George H. W. Bush. Consécutivement le gouvernement salvadorien fut forcé d’adopter une approche différente face à l’insurrection. Lors de son investiture en juin 1989, le président Cristiani appela à un dialogue direct dans le but de mettre fin à la décennie de conflits entre le gouvernement et les guérilleros. Un processus de dialogue mettant en place des réunions mensuelles entre les deux camps, fut lancé en septembre 1989, il dura jusqu'à ce que le FMLN lance une offensive sanglante et dans tout le pays en novembre de la même année.










    Début 1990, suivant une demande des présidents d’Amérique centrale, les Nations unies firent l’effort d’engager des médiations directes entre les deux camps. Après une année de peu de progrès, le gouvernement et le FMLN acceptèrent une invitation du Secrétariat Général de l’ONU pour une rencontre à New York. Le 25 septembre 1991, les deux camps signèrent l’Acte de New York. Qui lança un processus de négociation en créant le Comité pour la Consolidation de la Paix (COPAZ), constitué de représentants du gouvernement, du FMLN, et de partis politiques, avec des observateurs de l’ONU et de l’Église catholique. Le 31 décembre, le gouvernement et le FMLN ébauchèrent un accord de paix sous les auspices de du Secrétaire général de l’ONU Javier Pérez de Cuéllar.

    Les accords finaux, appelés les Accords de Paix de Chapultepec, furent signés à Mexico le 16 janvier 1992. Un cesser le feu de 9 mois prit effet le 1er février 1992 et ne fut jamais rompu.
    Une cérémonie, le 15 décembre 1992, marqua la fin officielle des conflits, concordant avec la démobilisation des dernières structures militaires du FMLN et la suppression du statut de parti politique du FMLN.

    En juillet 2002, un jury détermina que les deux anciens ministres salvadoriens de la défense, José Guillermo García et Carlos Eugenio Vides Casanova étaient responsables des tortures pratiquées sur trois hommes par les escouades de la mort dans les années 1980. Les victimes poursuivirent les anciens commandants grâce à une loi américaine permettant de telles poursuites. Ces commandants furent condamnés à payer 54,6 millions de dollars aux victimes.
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    Arawak

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    Re: Amerique centrale - Février/mars 2012

    Message par Arawak le Mar 3 Avr - 16:09

    Non loin du musée se trouve le Cerro Perquin, autrement appelé "mirador" par les locaux. 0,25 $ vous permettent de passer la barrière et avoir accès à un joli point de vue sur la frontière hondurienne qui est à quelques kilomètres. Cette frontière y est délimitée à cet endroit par le Rio Negro.

    En cours de chemin nous apercevrons quelques anciens campements guerilleros nichés au milieu des zones boisées. Des traces de bombardements sont encore présentes.

    Une fois arrivés au sommet la vue panoramique est superbe du haut des 1.321m.



    Pour voir cette image en 1680 x 510, cliquez ==> ici <==





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    Lamouette 2

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    Re: Amerique centrale - Février/mars 2012

    Message par Lamouette 2 le Mar 3 Avr - 21:14

    Superbes photos et tes commentaires sont très intéressants. Merci de partager tout cela avec nous .
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    Arawak

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    Re: Amerique centrale - Février/mars 2012

    Message par Arawak le Mer 4 Avr - 13:11

    Notre journée suivante sera consacrée à la route qui nous mènera au Nicaragua. Nous quittons donc provisoirement le Salvador que nous retrouverons en fin de séjour.

    Pour cela, comme le Salvador n'a pas de frontière avec le Nicaragua, nous devons transiter par le Honduras. Plus de 300 kilomètres nous attendent, dont 150 entre les deux frontières.

    Je m'attendais à pire question formalités douanières, vu ce que j'en avais lu ici ou là. Mais tout s'est passé relativement vite malgré les entrées-sorties des trois pays. Bien sûr, il y a toujours ces satanés documents d'immigration à remplir, mais nous avons perdu moins de temps qu'à certains aéroports (ce pense notamment à Katmandou où c'était vraiment pénible).

    Juste une taxe de 3$ à payer à chaque entrée, et un petit papier à conserver et surtout à ne pas perdre.

    On notera juste pendant le parcours l'état extrêment dégradé des routes honduriennes, ce qui ralentira énormément l'allure du bus.

    Finalement, après être partis de Perquin vers 8h30, c'est à 17h30 que nous arriverons à Léon.



































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    Arawak

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    Re: Amerique centrale - Février/mars 2012

    Message par Arawak le Jeu 5 Avr - 16:55



    Le Nicaragua

    Le plus grand ( 129 494 km²) des 7 Etats d'Amérique centrale a retrouvé il y a quelques 10 années le chemin de la démocratie et de la paix.

    Le Nicaragua regarde à présent son avenir avec optimisme lui qui n'avait pas, ou presque, de tradition touristique commence à attirer les investisseurs étrangers.

    C'est justement parce que c'est un pays encore "neuf" qu'il est intéressant à visiter ! L'accueil des « Nicas » (Nicaraguayens) sera toujours aimable, encore teinté de curiosité. Le pays offre de très nombreux attraits touristiques : des lacs dont le gigantesque "lago de Nicaragua" (8262 km²) qui abrite une faune (dont les seuls requins d'eau douce de la planète) et une flore variées , de majestueux volcans (58, dont 6 en activité), des villes coloniales au charme désuet comme León, León Viejo, classée patrimoine mondial par l'UNESCO, et Granada. Un artisanat imaginatif , de qualité et bon marché. Des paysages changeants avec des plages sauvages (longues plages désertes sur la côte Pacifique , des îlots de rêve sur la côte Caraïbe ), des plaines agricoles ou d'élevage, des forêts , des rivières, de la moyenne montagne, des activités sportives variées (randonnéesà cheval, tour de la canopée, découverte vulcanologique, plongée bouteille ou tuba, pêche en mer ou en rivière…)…

    Le pays est divisé en trois grandes zones: les terres basses de l'Atlantique qui forment de grandes étendues marécageuses, la région montagneuse centrale et les terres basses du Pacifique. Le territoire compte 40 volcans dont le volcan Momotombo (1258m) près du Lac de Managua. L'altitude moyenne est de 440 mètres au dessus du niveau de la mer et son point culminant est le mont Mogotin à 2 100 mètres d'altitude.

    Le Nicaragua dispose de ressources forestières, minérales, agricoles, mais est extrêmement dépendant de l’aide extérieure, qui représente plus de 10 % de son PIB, les transferts financiers des migrants qui représentent 13 % de son PIB (ils ont atteint 822,8 M$ en 2010), et son taux d’endettement extérieur est très élevé. Les catastrophes naturelles et son histoire mouvementée ont contribué à appauvrir le Nicaragua qui jouissaient dans les années 50 à 70 d’une relative prospérité, tandis que la pauvreté affecte maintenant 41 % de la population.

    La politique économique rigoureuse du gouvernement lui assure le soutien du patronat local et des organisations financières internationales (le FMI vient de lui accorder une prolongation de facilité de crédit étendu jusqu’à décembre 2011).

    L’année 2010 lui a permis de mettre un terme aux effets de la crise dont il avait moyennement pâti, d’augmenter de 30 % ses exportations et de se lancer sur de nouveaux marchés (Russie, Chine). Le secteur touristique est en pleine expansion : le nombre de touristes a dépassé le million en 2010, générant près de 360 millions de dollars de revenus.

    Le Président Ortega s’était fixé un certain nombre d’objectifs pour répondre aux besoins les plus criants de la population, notamment en matière de santé, d’éducation et de réduction de la pauvreté. Après presque quatre années, et malgré une série de mesures destinées à améliorer le sort des plus démunis, les résultats sociaux ne sont pas à la hauteur des espérances, tandis que la concentration extrême des centres de prise de décision porte atteinte au principe de séparation des pouvoirs et affaiblit les institutions démocratiques.

    Alors que la constitution interdit la réélection d’un président en place, et limite à deux le nombre total de mandat, le pouvoir en place, grâce à des décisions controversées du Conseil suprême électoral et de la Cour de Justice, a réussi à donner au président Ortega la possibilité de se représenter. L’opposition libérale, divisée, n’a pu s’opposer à ce processus, d’autant que Daniel Ortega reste la figure politique la plus populaire. Soutenu par un parti bien organisé, l’appareil d’Etat qu’il utilise à son profit, et un pouvoir judiciaire sous contrôle, il a sans surprise été réélu, et le FSLN a obtenu la majorité qualifiée à l’Assemblée Nationale.
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    Re: Amerique centrale - Février/mars 2012

    Message par Arawak le Jeu 5 Avr - 17:44

    Léon



    Pour voir cette image en 1680 x 1022, cliquez ==> ici <==

    Durant plus de 200 ans, Leon fût la capitale du Nicaragua avant d'être remplacée par Managua en 1851. Comme Granada, celle-ci a servi au pays de centre militaire, culturel et religieux.

    Leon, la " capitale intellectuelle " elle compte une université, plusieurs colléges religieux et sa Cathédrale Métropolitaine, la plus grande cathédrale d'Amérique Centrale. Son imposante architecture est représentative de l'art religieux du milieu du 17 éme siècle. Les travaux de la cathèdrale commencèrent en 1746 mais il fallut 100 ans pour achever l'énorme bâtiment.























    D'autres églises méritent d'être visitées, par exemple Subtiava (1530), El Calvario, La Recoleccion, La Merced, San Felipe, Zaragoza, San Francisco et Le Laborio.

    Fondée en 1524 sur les rives du lac Managua, dans l'ouest du Nicaragua, León fut détruite par une éruption volcanique et déplacée en 1610 sur le site de l'ancienne capitale et sanctuaire amérindien de Sutiava. Elle fut la capitale de la colonie espagnole, puis de la république du Nicaragua, en constante rivalité avec Granada. Ce sont les guerres civiles qui, dans le contexte de l'indépendance centraméricaine (1821), ont imposé Managua – fondée à mi-chemin entre les deux villes – comme capitale nationale en 1852. En 1978-1979, León fut le théâtre de lourds combats entre les guérilleros sandinistes et les forces armées, qui laissèrent une grande partie du centre-ville en ruines.




















    La ville est depuis longtemps le foyer libéral (politique et intellectuel) du pays. L'université de León (fondée en 1812) fut intégrée à l'université nationale du Nicaragua en 1952. Rubén Darío, l'un des plus grands poètes hispano-américains, vécut dans la ville et y fit ses études.

    Deuxième ville du Nicaragua, León se trouve au cœur d'une importante région agricole et commerciale, où l'on cultive du coton, de la canne à sucre et du riz et où l'on élève du bétail destiné à l'exportation. Ses usines transforment le coton, fabriquent des cigares, des chaussures, des selles et des harnais. León est reliée à Managua, la capitale nationale, et à diverses autres villes par l'autoroute du Pacifique et par une route goudronnée secondaire.
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    Re: Amerique centrale - Février/mars 2012

    Message par Lamouette 2 le Jeu 5 Avr - 18:05

    Totalement dépaysant et toujours aussi intéressant . J'adore . Merci.
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    Re: Amerique centrale - Février/mars 2012

    Message par Arawak le Mar 10 Avr - 17:21

    L'excursion du jour nous mène à quelques kilomètres seulement de Léon, au Cerro Negro.

    Né en avril 1850, le Cerro Negro est le volcan le plus récent d’Amérique centrale. Il fait partie d’un groupe de cinq jeunes cônes construit le long d’une zone de faiblesse orientée nord nord-ouest / sud sud-est. Il appartient au massif volcanique Las Pilas-El Hoyo dans la chaîne de Marrabios.














    Depuis sa naissance il a été très actif, alternant des phases stromboliennes et sub-pliniennes à des intervalles allant de quelques années à plusieurs décennies. Cette activité du Cerro Negro a ainsi constitué un cône de cendres et scories basaltiques de 250 mètres de hauteur environ. De nombreuses coulées de lave se sont également épanchées depuis des fissures situées à la base du cône.

    Si l’activité explosive strombolienne prédomine, le Cerro Negro connaît aussi des accès de fièvre réguliers qui provoquent la formation de colonnes de cendres sub-pliniennes de plusieurs kilomètres de haut. Ce fut notamment le cas en 1968, 1971 et 1992.














    Après une bonne heure de grimpette, nous arrivons au sommet du volcan. Pas de lave rouge ici mais une odeur de souffre très forte et des fumerolles persistantes. Nos chaussures sentent le roussi et le sol est très chaud mais ces volcans ont une force d'attraction puissante, nous ne pouvons nous empêcher, tous autant que nous sommes, d'approcher le plus près possible du cratère.

    Mais respirer trop longtemps le souffre est dangereux, mieux vaut s'éloigner et profiter des vues sublimes et dégagées sur la nature environnante et les autres volcans (les volcans Las Pilas et Momotombo d'un côté, Rota, Telica, San Cristobal et Chonco en direction de l'océan). Nous distinguons même l'océan Pacifique en arrière plan, splendide, un moment magique !!!



    Pour voir cette image en 1640 x 637, cliquez ==> ici <==

    Les bourrasques au sommet sont tout aussi impressionnantes, et il faut faire attention de ne pas se faire emporter !

    Pour les amateurs, la descente peut se faire en luge. Cependant, vu la moyenne d'âge du groupe, c'est à pieds que nous descendrons.









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    Re: Amerique centrale - Février/mars 2012

    Message par Lamouette 2 le Mar 10 Avr - 20:48

    Impressionnant ! Dommage de ne pas avoir tenté la luge Avez-vous vu d'autres visiteurs le faire ?
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    Re: Amerique centrale - Février/mars 2012

    Message par Arawak le Mer 11 Avr - 11:36

    On a vu deux personnes qui montaient avec des luges, mais nous ne les avons pas vu descendre. Cette descente est réputée dangeureuse. Bon nombre de personnes se sont déjà blessées suite à une chute. N'oublions pas que c'est de la roche volcanique, pas du sable !

    Après la visite du volcan Cerro Negro et un repas très sommaire pris chez l'habitant, nous profiterons de notre après-midi pour terminer l'exploration de la ville de Léon que nous quitterons le lendemain matin.

    Léon est une petite ville très animée, que ce soit en journée ou le soir.

    La proximité du centre ville de notre hôtel était un atout appréciable et nous a permis de sortir les deux soirées que nous avons passées à cet endroit. Pas mal de restaurants et bar en tous genres, le tout à prix "démocratique" dans une ambiance décontractée. Aucun problème d'insécurité ici.






















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    Re: Amerique centrale - Février/mars 2012

    Message par Arawak le Jeu 12 Avr - 11:34

    L'étape suivante nous mènera de Léon à Granada, via une courte halte à Managua. Encore une longue étape qui nous fera traverser de magnifiques paysages.












    Managua est la capitale du Nicaragua, et est située près de l'océan Pacifique. Managua dans la langue nahuatl signifie « où il y a de la ressource en eaux » à cause des nombreux lacs et lagunes qui l'entourent.

    Managua est située au bord sud du lac qui a le même nom et compte 1 800 000 d'habitants. Avec sa forme allongée, la ville s'étend sur 20 km le long du lac vers le sud et arrive jusqu'à la Sierra de Managua (600 m de hauteur).

    Située environ à 50 m au-dessus du niveau de la mer, la ville a un climat tempéré pendant toute l'année, avec des températures moyennes constantes entre 28 et 32 degrés. Les mois de décembre et janvier sont les plus frais, mars et avril les plus chauds. Un problème sérieux de Managua est représenté par les failles sismiques qui se trouvent sous la ville et qui ont causé de nombreuses catastrophes pendant son histoire, la dernière étant le tremblement de terre de 1972, qui a détruit la ville.






















    Managua est une ville réellement originale. Si vous cherchez le centre de Managua, vous ne le trouverez pas: Managua n'a pas de centre. Il a été détruit par le tremblement de terre de 1972, et les problèmes de l'époque firent remettre sa reconstruction . Avec le temps la ville se fit plusieurs centres, et maintenant plus personne n'est réellement intéressé par la reconstruction de l'ancien Managua, dont il reste les ruines comme témoins de l'horreur du séisme.

    Si vous regardez Managua depuis les collines voisines, vous ne verrez que des arbres, car la plusparts des batiments n'ont pas d'étage, et sont recouverts par la végétation abondante de Managua; peu d'immeubles émergent des arbres parmis lesquels l'édifice du Banco de América, le plus haut du pays). Managua est peut-être la seule capitale champêtre, on se sent à la campagne tout en étant en pleine ville. Une autre particularité de managua est sont système d'adresses: quelques rues ont des noms, mais personne ne les connaît, ici on se repère avec les 4 points cardinaux à partir d'un point de repère connu: de là où fut le petit arbre, un pâté de maison vers le Lac , et 25 pas vers le haut (vers le haut est l'Est car le soleil va vers le haut quand il est à l'Est, vers le bas est l'Ouest, vers le Lac est le Nord, seul le Sud conserve son nom).



    Pour voir cette image en 1640 x 568, cliquez ==> ici <==






    Le Lac de Managua, petit frère du lac de Nicaragua embellit la ville, et lui donne un aspect portuaire. Sa topographie assure un futur touristique prometteur à Managua, si on réussit à restaurer la rive du Lac, et si on la conditionne pour le tourisme. Espérons qu'avec le temps les managuas (habitants de Managua) apprennent à redécouvrir leur lac.

    Jusqu'au siècle dernier, Managua était un bourg, et elle s'est agrandit rapidement après avoir été élevée au rang de capitale en 1852, comme résultant d'une concurence pour ce rôle entre Granada et Leon Pour cette raison Managua n'a pas de quartier colonial, et n'en a jamais eu.
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    Re: Amerique centrale - Février/mars 2012

    Message par Christine le Jeu 12 Avr - 13:50

    Superbe reportage !
    Passionnant et haut en couleurs ,merci Arawak !


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    Re: Amerique centrale - Février/mars 2012

    Message par Arawak le Jeu 12 Avr - 17:09

    Granada


    Nous voici donc arrivés à Granada, capitale du département du même nom. Dominée par le volcan Mombacho, elle est localisée sur la côte ouest du Lac Nicaragua, à environ 18 km au nord de l'Océan Pacifique. Elle est donc parfaite comme point de départ pour visiter les principaux endroits touristiques du Nicaragua. Elle est considérée comme l'une des plus belles villes coloniales de l'Amérique Centrale.

    Granada est la troisième plus grande ville du pays et est connue pour son architecture coloniale bien conservée. Elle est ainsi surnommée la Grande Sultane à cause de ses bâtiments de style andalou mauresque.














    La ville a été fondée en 1524 par Francisco Hernández de Córdoba et a longtemps été la ville principale de la région. Elle a été pillée plusieurs fois par des pirates provenant de la France et d'Angleterre au cours du XVIIe siècle.

    Après l'indépendance du Nicaragua, Granada devint, en alternance avec León, la capitale du pays. Granada était préférée par les régimes conservateurs, alors que les libéraux préféraient León. Pour mettre un terme a ces querelles, Managua, qui se trouve géographiquement entre ces deux villes, a été choisie comme capitale en 1858


















    En centre-ville, comme dans beaucoup d'autres villes coloniales latino-américaines, on retrouve la Place Centrale, cour de la communauté, autour de laquelle on retrouve les bâtiments les plus importants de la ville.

    La Place constitue le point de rencontre où les habitants se retrouvent à tout moment de la journée, et il est possible d'y trouver de l'artisanat, des plats typiques (parmi lesquels le " vigorón ") et de la musique.

    A côté de la Place on trouve la Cathédrale avec ses imposantes colonnes blanches, la mairie et d'importantes banques.

    Tout près de la Place Centrale s'érige le marché typique où, pour des prix très avantageux, il est possible de trouver tous les matins des fruits tropicaux, des légumes frais, de la viande, du fromage, et des poissons du Lac Cocibolca.











    Pour voir cette image en 1640 x 568, cliquez ==> ici <==














    Partout au Nicaragua les gens construisent des autels en honneur de la vierge Marie, ornés de fleurs, de plantes et de bougies. Les enfants passent dans les rues en chantant des hymnes pour la vierge et les gens leurs offrent de petits cadeaux et des friandises.

    A Granada, la Purisima est représentée par une icône appelée La Conchita. C'est une statuette franciscaine de la vierge sortie des eaux du lac Cocibolca par une femme en 1721. L'icône protégea la ville pendant plus de cent ans. Malheureusement la Conchita n'a pas réussi à protéger Granada du pirate William Walker qui a saccagé la ville en 1855 après avoir essayé de conquérir le Nicaragua et les autres pays d'Amérique Centrale, tels le Salvador et le Guatemala. Les généraux nicaraguayens ont formé une alliance contre William Walker. Celui-ci finit par incendier la ville, détruisant la plupart des monuments coloniaux. La Conchita se trouve dans la cathédrale et on raconte que c'est un miracle qu'elle a pu sortir indemne des flammes.

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    Re: Amerique centrale - Février/mars 2012

    Message par Christine le Jeu 12 Avr - 17:24

    Totalement dépaysant et les clichés sont magiques!Bravo!


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    Re: Amerique centrale - Février/mars 2012

    Message par Arawak le Ven 13 Avr - 11:59

    Masaya



    Pour voir cette image en 1640 x 367, cliquez ==> ici <==

    Le Masaya est un des volcans les plus actifs du Nicaragua, proche des villes de Masaya et Nindiri.

    Il s'inscrit dans une vaste caldeira, qui contient un lac, de vastes champs de lave (anciennes coulées basaltiques), et un essaim de cratères dont le cratère actuellement actif. On y rencontre de nombreux et longs tunnels de lave. Au fond du cratère actif se trouve un petit lac de lave.











    Pour voir cette image en 1163 x 819, cliquez ==> ici <==








    Alors qu’il se trouve en zone de subduction, le volcan Masaya a la particularité d’avoir une morphologie de volcan-bouclier. Ceci s’explique par la fréquence élevée d’éruptions basaltiques à caractère effusif.

    Le Masaya est en fait constitué d’une caldera de 6 Km sur 11, qui abrite en son sein plus d’une douzaine de cônes construits le long d’un système de fractures circulaires.



    Pour voir cette image en 1640 x 694, cliquez ==> ici <==



    Pour voir cette image en 1640 x 611, cliquez ==> ici <==



    Pour voir cette image en 1640 x 621, cliquez ==> ici <==



    Pour voir cette image en 1640 x 555, cliquez ==> ici <==



    Pour voir cette image en 1514 x 819, cliquez ==> ici <==

    Les 3 principaux sont le Masaya, le Nindiri et le Santiago, l’actuel cône actif. Son activité éruptive insolite pour une zone de convergence (coulées de lave fluides, fontaines de lave, lac de lave de 1965 à 1979, en 1989 et en 2000) fait du Masaya un volcan atypique d’autant plus qu’il lui arrive aussi de produire des événements explosifs très intenses.

    Accompagnés de colonnes pliniennes et de nuées ardentes, ces épisodes paroxysmaux peuvent prendre une ampleur considérable, comme ce fut le cas en 4500 avant J.C. Mais depuis sa découverte par les conquistadors espagnols le Masaya est resté relativement calme. Ces derniers ont d’ailleurs tenté à plusieurs reprises de descendre dans le cratère qui contenait un lac de lave, pensant qu’il s’agissait d’or en fusion.
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    Re: Amerique centrale - Février/mars 2012

    Message par Arawak le Ven 13 Avr - 17:24

    Allez, on continue la balade !

    Après la visite au pas de charge du petit musée du parc du volcan et une (trop) courte halte au marché artisanal de Masaya, nous irons prendre notre repas au bord de la lagune. Restaurant avec vue panoramique et pescado "a la plancha"; un agréable moment suite à la visite du volcan qui nous en a mis plein les yeux.





















    Pour voir cette image en 1640 x 528, cliquez ==> ici <==

    Nous partirons ensuite pour une petite balade digestive à travers les pueblos blancos. L'un est spécialisé (Catarina) est spécialisé dans les pépinières, l'autre est plutôt orienté vers la poterie.





















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    Re: Amerique centrale - Février/mars 2012

    Message par Arawak le Lun 16 Avr - 13:02

    Après ces deux belles journées passées à Granada, nous reprenons la route vers Esteli située dans le nord-ouest du pays.

    En sortant de la ville, nous nous arrêterons quelques minutes à l'ancienne gare de Granada. Il faut savoir qu'il n'existe plus de chemin de fer au Nicaragua, et que cette gare fait office de musée et présente quelques anciennes locomotives à vapeur.




    Rien de transcendant à se mettre sous l'objectif durant le trajet de 150 kms. Juste quelques paysages parfois un peu plus verdoyants vu que nous prenons un peu d'altitude.



























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    Re: Amerique centrale - Février/mars 2012

    Message par Arawak le Lun 16 Avr - 17:36

    Esteli

    Esteli est une grosse bourgade située à 140 kms au nord est-est de Granada, connue essentiellement pour la fabrication de cigares.

    Il existe bien trois ou quatre petits hôtels pour les rares touristes de passage, mais nous n'avons trouvé qu'un seul restaurant (assez cher d'ailleurs) pour y manger le soir.

    Comme un peu partout, le coeur de la ville est la place centrale où se situe l'église, assez jolie d'ailleurs. De là partent quelques rues étroites dont une seule est commerçante. Nous avons eu beau chercher, nous n'avons bizarrement trouvé ni rhum ni cigares dans les commerces avoisinants. Visiblement, il semble que la production locale de cigares soit exclusivement destinée à l'exportation.

    Il est clair aussi que le tourisme n'est pas leur préoccupation première.












    Sur place, nous n'avons fait que visiter une plantation de tabac, ainsi qu'une fabrique de cigares semblable à d'autres que j'avais déjà visitées ici et là. Rien de bien intéressant donc, à moins de n'avoir jamais mis les pieds dans ce type d'établissement. A noter quand même que les cigares qui nous ont été proposés à vente à la fabrique n'étaient pas trop chers contrairement aux prix pratiqués par exemple en République Dominicaine.





























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    Re: Amerique centrale - Février/mars 2012

    Message par Arawak le Mar 17 Avr - 10:32

    Le lendemain sera une nouvelle grosse journée de route : près de 400 kms pour rejoindre le parc national Cerro Azul Meambar au Honduras via Tegucigalpa et Comayagua où nous prendrons notre repas de midi.

    Malheureusement, en raison d'une organisation exécrable de la part du guide, nous n'arriverons à destination que vers 17h30. Trop tard donc pour visiter le parc...








































    Pas de chance non plus, alors que nous sommes en pleine saison sèche, il se mettra à pleuvoir vers 3h du matin. Le déluge durera jusqu'au réveil, et vu ce qu'il tombé durant la nuit, le guide nous annonce que notre excursion du jour, la cascade de Puhlapanzak et la forêt équatoriale, est annulée. Il y a des torrents de boue partout et nous risquons fort de nous enliser.

    C'est donc un peu dépités que nous prendrons la route directement vers Copan Ruinas.

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    Re: Amerique centrale - Février/mars 2012

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