Repas de Pâques en Colombie

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    Lamouette 2

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    Repas de Pâques en Colombie

    Message par Lamouette 2 le Mer 20 Avr - 13:49

    Iguanes, tortues, rongeurs et crocodiles, mets de Pâques en Colombie

    Iguanes verts, tor­tues d'eau douce, cro­co­diles et "chi­gui­ros" –ron­geurs de grande taille– enva­hissent les assiettes des Colombiens à Pâques pour rem­pla­cer la viande rouge, une tra­di­tion que les auto­ri­tés cherchent à com­battre pour pré­ser­ver ces espèces.

    "C'est l'époque de l'année durant laquelle nous recueillons le plus d'animaux", témoigne Carolina Rangel, l'une des nutri­tion­nistes du centre d'accueil pour espèces pro­té­gées de la mai­rie de Bogota.

    Elle montre une tren­taine de tor­tues aqua­tiques et un iguane vert de petite taille, le der­nier arrivé, sai­sis sur des pas­sa­gers d'un bus tout juste arrivé à Bogota.

    "Les gens les ramènent en cachette, même dans des valises, pour les par­ta­ger avec des proches ou les vendre sur les mar­chés", explique le vété­ri­naire Andres Felipe Alvarez, employé de la mairie.

    Les recettes se trans­mettent de géné­ra­tion en géné­ra­tion dans les familles du nord de la Colombie, notam­ment dans les dépar­te­ments lon­geant la côte Caraïbe.

    On mitonne des oeufs de tor­tue brouillés, du bouillon d'iguane, de l'estouffade de cro­co­dile noir ou encore de tor­tue, au goût rap­pe­lant le blanc de pou­let, pré­sen­tés avec des bananes frites (pata­con) et du riz à la noix de coco.

    "La richesse culi­naire colom­bienne reflète la bio­di­ver­sité du pays", un bout d'Amazonie, une par­tie des Andes, un mor­ceau du lit­to­ral du Pacifique et des Caraïbes. La Colombie est au deuxième rang mon­dial en termes de bio­di­ver­sité après le Brésil, rap­pelle l'anthropologue et spé­cia­liste de la gas­tro­no­mie Julian Estrada.

    Avant la conquête espa­gnole et l'arrivée du catho­li­cisme, "les habi­tants des rives des fleuves sui­vaient déjà ces tra­di­tions", assure l'anthropologue Ramiro Delgado.

    "Dans la mémoire des peuples indi­gènes la tor­tue hico­tea (aqua­tique) et l'iguane sont des ani­maux sym­bo­liques, mys­tiques, fai­sant par­tie de cou­tumes ances­trales. En réa­lité, le calen­drier catho­lique n'a fait que s'y ajus­ter, car à cette époque de l'année (Pâques) ces ani­maux sont nom­breux", et donc plus fré­quem­ment consom­més, ajoute-t-il.

    Partout dans le pays la police de l'environnement traque les ven­deurs de ces espèces. Ainsi, à Barrancabermeja (400 km au nord-ouest de Bogota), où le 13 avril elle a annoncé la sai­sie de huit chigüi­ros, des ron­geurs de grande taille dont la viande est égale­ment appré­ciée à cette époque.

    Face à ces tra­di­tions, le minis­tère de l'Environnement évoque les risques pour cer­taines espèces dont les "prises" pour­raient dépas­ser la repro­duc­tion, comme dans le cas des tor­tues d'eau douce, dont 100.000 exem­plaires vivants tirés de leur habi­tat ont été sai­sis ces quatre der­nières années.

    On observe "une dimi­nu­tion notable à cer­tains endroits" de la quan­tité de tor­tues "hico­teas", assure une repré­sen­tante du minis­tère, Carolina Rodriguez, spé­cia­liste en biodiversité.

    Dans le cas de l'iguane, la tra­di­tion veut le plus sou­vent qu'il soit incisé pour lui reti­rer ses oeufs avant d'être recousu et laissé en liberté, au risque de mou­rir rapi­de­ment suite à une infection.

    Pour les "chigüi­ros", la chasse est inter­dite entre avril et décembre afin de pré­ser­ver la reproduction.

    Le dilemme consiste, pour les auto­ri­tés, à pro­té­ger les espèces, tout en pré­ser­vant la tradition.C'est pour­quoi leur chasse et leur vente est inter­dite, mais pas leur consom­ma­tion "à des fins de subsistance".

    "Ce sont des cou­tumes ances­trales et le minis­tère de l'Environnement tente de les cana­li­ser", explique Carolina Rodriguez. "Nous ne vou­lons pas dia­bo­li­ser cette consom­ma­tion, d'autant que cette pra­tique est sou­vent le fait de com­mu­nau­tés rurales pauvres, pour les­quelles c'est sou­vent le seul ali­ment dis­po­nible" conte­nant des pro­téines, conclut-elle.


    ©2011 Agence France-Presse






    Franchement, est-ce que je ressemble à çà ????







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    Roger

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    Re: Repas de Pâques en Colombie

    Message par Roger le Mer 20 Avr - 23:26

    Nous aurons à faire face à cela de plus en plus dans les années à venir.
    Il y a certes un décallage entre les traditions ancestrales de certains peuples et notre civilisation dite moderne et évoluée qui met des barrières à certaines pratiques jugées scandaleuses.
    A cela se rajoutera de plus en plus le manque de nourriture et on va vite comprendre que les espèces ne seront réellement protégées que dans des zoo.


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