abolition des privilèges : c'est quand qu'on refait le ménage ?

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    Lamouette 2

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    abolition des privilèges : c'est quand qu'on refait le ménage ?

    Message par Lamouette 2 le Jeu 3 Mar - 11:22

    Ca s'est passé dans la nuit du 4 Aôut 1789

    Source: site "rebellyon.info"

    « L’abolition des privilèges »

    Le 4 août 1789à partir de 20 h, à l’Assemblée cons­ti­tuante, il y a d’abord des dis­cus­sions autour du rap­port de l’avocat Target sur les moyens d’arrê­ter les trou­bles dans les cam­pa­gnes, et l’Assemblée semble dis­po­sée à voter ce rap­port qui sti­pule que les citoyens doi­vent res­pec­ter la pro­priété et conti­nuer à payer rede­van­ces et impôts.

    Mais le vicomte de Noailles, dans une pre­mière inter­ven­tion, pro­pose géné­reu­se­ment d’abolir les droits féo­daux (il en est dépourvu !) Lui suc­cède le duc d’Aiguillon, le plus riche sei­gneur, après le roi, en pro­prié­tés féo­da­les. Il se dit plein de scru­pu­les à l’idée que l’assem­blée s’apprête à condam­ner ceux qui atta­quent les châ­teaux et, évoquant « le mal­heu­reux culti­va­teur, soumis au reste bar­bare des lois féo­da­les », pro­pose, lui, « d’établir cette égalité de droits qui doit exis­ter entre les hommes »et pré­co­nise non l’abo­li­tion des droits féo­daux, mais un « juste rem­bour­se­ment » évalué à 30 fois le rem­bour­se­ment d’une année. Propositions aux­quel­les se ral­lient nobles et grands bour­geois. Se suc­cè­dent alors les inter­ven­tions cour­tes mais enflam­mées et qui font frémir la salle de deux dépu­tés bre­tons du tiers état, dont l’un, Le Guen de Kerangal, évoque les usages anciens et san­glants du « mons­tre dévo­rant de la féo­da­lité. »On s’apprête cepen­dant à passer enfin au vote : égalité fis­cale, rachat des droits pesant sur les biens, abo­li­tion de ceux qui sont vexa­toi­res et qui por­tent sur les per­son­nes. Tout le monde pense que la séance va s’ache­ver. Il est près de 23 h.

    C’est alors que le mar­quis de Foucaud Lardimalie, député du Périgord, se lève et déclare qu’il convient main­te­nant de s’en pren­dre aux grands sei­gneurs, ces cour­ti­sans qui tou­chent des pen­sions et des trai­te­ments consi­dé­ra­bles de la cour. Et tout bas­cule : l’enthou­siasme et la suren­chère gagnent, sub­mer­gent l’assem­blée. Le vicomte de Beauharnaispro­pose que les peines soient iden­ti­ques pour les nobles et les rotu­riers. Un autre demande la jus­tice gra­tuite, un troi­sième l’abo­li­tion des jus­ti­ces sei­gneu­ria­les. L’évêque de Chartres pro­pose le sacri­fice du droit de chasse, celui de Nancy renonce aux biens de l’Église. Le duc de la Rochefoucaulddemande des adou­cis­se­ments pour l’escla­vage des noirs, etc. Il est à noter que chacun a sur­tout ten­dance à pro­po­ser tel ou tel sacri­fice qui concerne plutôt… l’autre. Mais dans un climat d’exal­ta­tion eupho­ri­que, tout le monde approuve … Enfin, à la suite du Dauphiné, toutes les pro­vin­ces, puis toutes les villes en vien­nent renon­cer à leurs pri­vi­lè­ges.

    Il est près de 2 h du matin. Le pré­si­dent Le Chapelier réca­pi­tule les acquis de la nuit, liste impres­sion­nante qui met à bas défi­ni­ti­ve­ment l’Ancien Régime. Un vote global a lieu. Approbation à l’una­ni­mité ! La messe est dite (l’arche­vê­que de Paris a même fait adop­ter un projet de Te Deum dans toutes les parois­ses et églises du royaume) La séance se ter­mine tar­di­ve­ment aux cris de « Vive le roi, res­tau­ra­teur de la liberté fran­çaise ! »…

    C’est donc dans la nuit du 4 au 5 août 1789, à 2h du matin, après 6 h de dis­cus­sions pas­sion­nées, qu’est pro­cla­mée à l’una­ni­mité l’abo­li­tion de la féo­da­lité, celle des trois ordres et de leurs par­ti­cu­la­ri­tés, notam­ment fis­cale, mili­taire et judi­ciaire, mais aussi l’uni­fi­ca­tion du ter­ri­toire natio­nal (jusqu’alors, chaque com­mune, paroisse, pro­vince avait ses pro­pres pri­vi­lè­ges) Vraie révo­lu­tion donc. Mais il faut noter que les dépu­tés vont se ravi­ser dans les jours sui­vants. Les droits résul­tant d’un « contrat » passé entre le pro­prié­taire du sol et l’exploi­tant direct (cens, cham­part, rentes) sub­sis­tent mais peu­vent être rache­tés. Ainsi seuls peu­vent se libé­rer tota­le­ment les pay­sans les plus riches. La désillu­sion sera grande dans les cam­pa­gnes et les trou­bles vont per­du­rer jusqu’en 1792.

    Le décret du 11 août 1789 de l’Assemblée natio­nale ava­lise la majeure partie des déci­sions prises dans la nuit du 4 août et enté­rine donc la fin du régime féodal. Sa lec­ture ensei­gne beau­coup sur l’état d’esprit des dépu­tés de l’époque.

    Mais au fait, c'est QUAND la prochaine nuit du 4 Aôut ????????????


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    Hé oui ! On peut se poser la question car franchement, depuis cette date, les français se sont gargarisés de " NOUS l'avons fait " et de "COCORICO" pendant que tranquillement de nouveaux privilèges se remettaient en place toujours plus nombreux .

    Et pourtant :

    " La nature veut que tous les enfants soient traités également par le père. La nature veut qu'aucune préférence arbitraire, qu'aucun privilège légal ne rompe l'égalité des frères et soeurs..."

    Jaurès, Ét. soc., 1901, p.215.
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    Je regardais hier soir à la télé un reportage sur les problèmes que rencontrent les habitants de certains quartiers parisiens pour garer leur voiture , les places de stationnement étant à plus de 90% " réservées " aux membres et employés des ministères . Les 10% restants étant d'ailleurs allègrement grignotés par des resquilleurs qui se sont confectionnés des cartes officielles bidon , exemple "carte de lecteur du conseil de schpounz" !!!
    Le reportage montrait le combat d'une poignée de riverains qui excédés, distribuaient sur les pare-brise des voitures, des PV "citoyens" rappelant qu'aucune loi n'autorise ces braves gens à s'approprier ainsi l'espace public .

    On regarde, on compatit et on va se coucher en pensant " je n'aimerais pas vivre à Paris "

    Ce matin en ouvrant les volets de mon bureau, je surprends un employé de la poste de Morlaix engu..lant un automobiliste qui a osé garer sa voiture sur l'emplacement réservé à la poste

    " Je vous demanderai Môssieur, de RESPECTER la signalisation routière "

    Ben oui ..sauf que si je ne me trompe, la poste n'est plus une administration française et qu'on paie déjà très cher les services de cette entreprise privée sans devoir en plus lui cèder des ... privilèges ?

    Hé oui, on en revient toujours là, on tourne en rond et on se mord la queue . On est tous bien d'accord que les privilèges sont injustes et insupportables mais SURTOUT les privilèges des AUTRES .

    Pour les nôtres, ben, c'est pas pareil, ça nous paraît la moindre des choses pour plein de fausses bonnes raisons .

    Il y a des jours comme ça où quand je me lève le matin, j'ai presque envie de filer me recoucher . Pas vous ?


      La date/heure actuelle est Mer 20 Sep - 5:13