Carnet de voyage : Pérou 2009

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    Arawak

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    Carnet de voyage : Pérou 2009

    Message par Arawak le Jeu 10 Déc - 13:14


    Avant de commencer mon CR proprement dit, je vous propose une petite présentation du pays :

    Le Pérou occupe une surface de 1 285 220 km² et possède 2 414 km de côtes.

    Le climat est tropical à l'est, désertique et sec à l'ouest. Ces déserts côtiers sont provoqués par la présence d'un courant océanique sud-nord, donc froid, qui remonte la côte Pacifique en bloquant l'évaporation et la formation de perturbations pluvieuses. Dans les Andes (chaîne de montagnes) le climat est tempéré à froid en fonction de l'altitude. Parmi les volcans importants, on trouve El Misti et Ubinas. Le Huascarán, qui s'élève à 6 768 mètres, est le point culminant du pays dans la Cordillère occidentale.
    Parmi les ressources naturelles, on trouve le cuivre, l'argent, l'or, le pétrole, le minerai de fer, le charbon et les phosphates. La pêche constitue aussi une importante ressource naturelle ainsi que les fruits des arbres.

    Le pays est sujet aux tremblements de terre. Les inondations et glissements de terrain sont dus au phénomène El Niño. Il existe une activité volcanique dans la zone volcanique centrale des Andes située au sud du pays.

    On peut distinguer trois grandes zones naturelles :
    - la « costa » (côte) bordée par l'Océan Pacifique, 60 % de population, 10 % de superficie ;
    - la « sierra » (montagne) 30 % de population, 30 % de superficie ;
    - la « selva » (forêt d'Amazonie péruvienne) 10 % de population, 60 % de superficie.

    C'est au Pérou que prend naissance l'un des plus longs fleuves du monde, l' Amazone, qui, avant de pénétrer au Brésil traverse toute la selva péruvienne. Il capte les eaux de tout le versant oriental de la Cordillère des Andes.

    Sur le versant occidental, se trouve le bassin de l'Océan Pacifique, où viennent se jeter toute une série de petits fleuves descendus des hauteurs de la Cordillère. Parmi ceux-ci, l'un retient particulièrement l'attention, le Río Rímac, considéré comme l'un des fleuves les plus importants du Pérou, non par son débit d'eau — relativement faible — ni par la taille de son bassin, mais parce qu'il approvisionne en eau et électricité la métropole de Lima, où se concentre plus du tiers de la population du pays (10 millions d'habitants à Lima sur 28 millions au Pérou). L'approvisionnement en eau de la capitale péruvienne est un des problèmes critiques que les autorités ne sont pas parvenues à résoudre au cours des dernières décennies, et chaque jour il devient — avec l'explosion démographique — plus aigu, nécessitant de fréquentes coupures dans la distribution de l'eau.

    Au sud, un troisième bassin, celui du Lac Titicaca, le plus vaste lac d'Amérique du Sud et le plus haut lac navigable au monde, perché entre 3 600 et 4 500 mètres d'altitude sur les plus hauts plateaux andins, entre Pérou et Bolivie, draine les eaux de quatre bassins : le lac Titicaca, le fleuve Desaguadero, le lac Poopó et le salar de Coipasa. Ces quatre bassins constituent le système TDPS, qui s'étend sur près de 140 000 km².

    Doté de ressources naturelles exceptionnelles, le Pérou est l'un des dix-sept pays caractérisés par une "mégadiversité biologique". Il compte 84 des 117 zones naturelles existantes au monde et, de ce fait, possède 5872 espèces endémiques (parmi lesquelles 118 types uniques d'oiseaux, 113 espèces de reptiles et 60 variétés différentes de mammifères).Du fait de la diversité climatique et topographique, il existe au Pérou une faune et une flore variées. Sur les hauteurs, les lamas côtoient les alpagas et les vigognes. Le chinchilla brevicaudata, présent à l'état sauvage autrefois dans les très hautes Andes a sans doute disparu aujourd'hui.

    Mais c’est dans la « selva » que la faune est la plus présente. Avec entre autres les jaguars, les tatous, les caïmans, les capybaras mais aussi des singes ou des milliers d’espèces d’insectes qui vivent dans une végétation luxuriante. La vanille, l’acajou, le caoutchouc participent à cette biodiversité

    Un peu d'histoire :
    Les premiers vestiges de présence humaine au Pérou sont découverts dans la grotte Pikimachay et dateraient pour les couches les plus anciennes de 19 000 avant notre ère. Les populations sont alors pour la plupart nomades, vivent de la chasse de camélidés et de la cueillette et s'abritent dans des grottes.

    Durant la période archaïque tardive, les premiers villages et organisations sociales complexes apparaissent. Ils permettent l'apparition de la plus vieille ville du continent et l’une des plus anciennes du monde : Caral. La cité de Caral, un grand centre urbain doté de pyramides tronquées au sommet, appartenait à un ensemble de sites archéologiques qui aurait abrité la première civilisation américaine : Caral-Supe ou Norte Chico (entre 2627 et 2100 avant notre ère). Lors de fouilles, divers objets ont été exhumés, tels que des figurines anthropomorphiques en argile crue, des flûtes traversières taillées dans des os de pélican ou de condor[11], ou des cordelettes à nœuds (probablement des quipus).

    Caractérisées par une nouvelle complexification de l’organisation sociale et des technologies, les cultures de la période dite de « horizon de formation » (2 700-200 av.n.è) développèrent la céramique, le tissage, l’usage de l’or et du cuivre, et la construction de canaux d’irrigation et la culture en terrasse, facteurs déterminants pour l’accroissement du pouvoir étatique. Dans la culture de Chavín (~1800-300 av.n.è), la vie sociale, économique et rituelle s’organise autour des dieux féroces représentant les grands prédateurs locaux comme le jaguar, le serpent ou le caïman. Le centre cérémoniel, Chavin de Huantar, est un réseau complexe de galeries décorées par des immenses mégalithes ornés. Au plan iconographique, les divinités de la cosmogonie chavín seront présentes dans presque toutes les manifestations artistiques postérieures. Paracas (~800-200 av.n.è), une culture située sur une péninsule désertique portant le même nom, se distingue par ses textiles de grande valeur esthétique et scientifique.

    L’effondrement de la culture Chavín ira de pair avec l’affirmation de pouvoirs régionaux, caractérisés par un relatif isolement local. Chaque région abrite alors de petites entités politiques qui adoptent leurs propres modèles de développement culturel, n'ouvrant leurs frontières qu'aux échanges commerciaux. A cette période appartiennent notamment la culture Nazca (~200 av.n.è- 600è),la culture Huari (600-1 000) et la culture Mochica (~100-700), l’une de plus importantes organisations politiques de l’ancien Pérou.

    La période impériale, aussi appelée Règne des belligérants, succède au déclin de la civilisation Huari, la dernière entité politique régionale. Divers États locaux qui tentent de dominer politiquement leurs voisins apparaissent. Parmi ces États, nous retrouvons la culture Chimú, la culture Chanca, la culture Chincha et enfin, la plus célèbre, la culture inca.
    Les origines des Incas se mêlent à la légende. Probablement, ils étaient une tribu guerrière quechua du sud de la sierra. Entre 1100 et 1300, ils se déplacent peu à peu vers le nord de la région jusqu'à la vallée fertile de Cuzco, occupée alors par des peuples aymaras. L’empire naissant se distinguait par sa condition d’Etat agraire, au sommet duquel se trouvait l’Inca.

    Cependant, la véritable expansion des Incas commence en 1438, avec Pachacutec (1438-1471), qui entreprend de conquérir les terres voisines. Durant les 70 dernières années de cette période, le royaume de Cuzco forme un vaste empire inca qui s'étend sur toutes les Andes. Le génie de Pachacútec se manifesta avant tout dans la législation et l’administration qu’il établit dans l’Incanat. Il aboutit à accomplir l’unité d’un si vaste empire grâce à trois mesures principales. Il préserva l’unité géographique de l’empire en développant un gigantesque réseau de routes (le Qhapaq Ñan); puis il fit son unité linguistique en imposant le runa simi ou quechua comme langue officielle ; enfin, grâce à une organisation centrale absolue, il forma l’unité politique impériale. En même temps, il créa une élite capable de l’assister dans son œuvre : les curacas. Pour faciliter la transmission des ordres et le renseignement sur l’état de provinces, on établit un système de « chasquis » ou « coureurs messagers », qui parcouraient les chemins de l’Empire.

    À la fin du XVe siècle, l'Inca Pachacutec transmet le pouvoir à son fils Tupac Yupanqui († 1493), qui étend l'Empire jusqu'à l'actuel territoire équatorien. Sous le règne de son fils, Huayna Capac († 1527), les frontières de l'Empire Inca sont repoussées jusqu'à la frontière de l'actuelle Colombie. Une guerre de succession éclate entre les deux fils de Huayna Capac, Huascar et Atahualpa. Ce dernier est parvenu à battre les troupes de son frère, au moment où les conquistadores arrivent au Pérou.

    Lorsque les troupes de Francisco Pizarro arrivèrent en 1531, l'empire inca était déchiré par une guerre civile. Le 16 novembre 1532, durant la bataille de Cajamarca, Pizarro captura l'empereur Atahualpa et le fit exécuter. Il faudra cependant plus de quarante ans pour briser les dernières tentatives de résistance: le dernier Inca de Vilcabamba, Tupac Amaru, fut capturé et exécuté en 1572.

    Les Espagnols instituèrent le système de l’encomienda : les amérindiens devaient payer un tribut, dont une partie allait à Séville. Les encomenderos étaient chargés également de les christianiser. En tant que gouverneur du Pérou, Pizarro abusa de l'encomienda en accordant à ses soldats et compagnons un pouvoir quasi illimité sur les populations indigènes qui furent obligées à travailler sans rétribution dans des mines et des champs. Pizarro fut assassiné en 1541 par une faction menée par Diego de Almagro, surnommé el Mozo. En 1543, le roi Charles Quint pour réagir aux luttes intestines entre les conquistadores envoya Blasco Núñez Vela en tant que premier vice-roi. Il sera à son tour tué par Gonzalo Pizarro, le frère du premier Pizarro. Finalement, un nouveau vice-roi, Pedro de la Gasca parvint à restaurer l'ordre et exécuta Gonzalo Pizarro après sa capture. 39 vice-rois ont succédé à Núñez Vela et ont gouverné la vice-royauté entre 1544 et 1824.

    Francisco de Toledo (1569-1581) fut celui qui organisa l'État colonial et fonda les « réductions » ou cités d'Indiens où ils furent regroupés. Au niveau local, les encomenderos étaient maintenant sous l'autorité des curacas. Une pyramide hiérarchique permit ainsi de contrôler toutes les villes et villages. Le recensement sous le dernier Quipucamayoc ou « maître du quipu » indiquait qu'il y avait 12 millions d'habitants dans l'Empire Inca. 45 années plus tard, le recensement du vice-roi Toledo, montrait qu'il en restait 1,1 million[17]. Les villes Incas reçurent des noms catholiques et furent reconstruites selon le modèle espagnol. Elles comportaient une place centrale et une église ou cathédrale en face d'un bâtiment officiel. Quelques villes, telle Cuzco, gardèrent leurs fondations d'origine inca. Certains sites incas, tel Huánuco Viejo, furent abandonnés au profit de villes à plus basse altitude.

    Après l'établissement de la vice-royauté, le Pérou devint l'une des premières sources de la richesse pour l'Espagne. La ville de Lima, fondée par Pizarro le 18 janvier 1535 sous le nom de Ciudad de los Reyes ("la Ville des Rois"), devint la capitale et une ville puissante qui avait sous sa juridiction toute l'Amérique du Sud à l'exception du Brésil dominé par les Portugais. Au XVIIe siècle, Lima abritait une université et était la principale place forte de l'Espagne sur le continent américain. Toutes les richesses coloniales passaient par Lima, puis par l'isthme de Panama avant d'arriver à Séville, en Espagne.

    Au XVIIIe siècle, devant la difficulté de l'administration d'un territoire immense, se réaliseront reformes dans la structure politique coloniale ("les réformes bourboniennes"). En 1717, la Vice-royauté de Grenade fut formée : elle regroupa la Colombie, l'Équateur, le Panama et le Venezuela. En 1776, une nouvelle vice-royauté vit le jour, la Vice-royauté du Río de la Plata : elle regroupait l'Argentine, la Bolivie, le Paraguay et l'Uruguay.

    Entre 1780 et 1781, la vice-royauté du Pérou connut la plus violente insurrection de son histoire. Dirigée par Túpac Amaru II, un cacique du Cuzco, l’insurrection était à l’origine une révolte fiscale, mais très vite se transforma en un mouvement qui revendiquait l’autonomie du territoire par rapport à la Couronne espagnole. Túpac Amaru arriva à réunir une armée de près de 50 000 hommes, composée majoritairement d’amérindiens et de métis. Après quelques batailles, la révolte fut écrasée de manière extrêmement violente. Le 18 mai 1781, José Gabriel Túpac Amaru II fut écartelé et décapité à Cuzco, mais il devint pendant le XXe siècle une figure importante de la lutte pour l'indépendance et de la liberté.
    Le processus d’indépendance prit définitivement son élan avec le soulèvement des propriétaires terriens d'origine espagnole. José de San Martín et Simón Bolívar étaient à la tête des troupes rebelles. Après avoir débarqué dans la baie de Paracas, San Martín s'empara de Lima et déclara, le 28 juillet 1821, l'indépendance du Pérou par rapport à l'Espagne. L'émancipation devint effective en décembre 1824, lorsque le général Antonio José de Sucre battit les Espagnols dans la bataille d'Ayacucho. Après la victoire de Sucre à Ayacucho (9 décembre 1824), une scission sépara le pays en haut Pérou resté fidèle à Bolivar (maintenant, la Bolivie) et bas Pérou (le Pérou actuel).

    Les conflits frontaliers entre le Pérou et l'Équateur débutèrent à partir des années 1830. Quatre guerres éclatérent entre ces pays entre 1858 et 1995, guerre de 1858-1860 ; guerre de 1941-1942; la guerre du Paquisha en 1981 et la guerre du Cenepa en 1995.

    Malgré la domination d'une oligarchie de propriétaires terriens, l'esclavage des noirs et le tribut des indiens furent abolis par le caudillo Ramón Castilla (1845-1851 et 1855-1862). Entre 1840 et 1879, le guano du Pérou, récolté par des compagnies privées ou publiques sur les côtes, généra d’énormes richesses car le pays bénéficia pendant cette période du monopole mondial de ce fertilisant. La vie politique était alors une succession de périodes démocratiques, de coups d'État et de dictatures.

    L'Espagne n'abandonna pas complètement ses ambitions coloniales et fit encore de vaines tentatives comme lors de la guerre hispano-sud-américaine. Après la bataille de Callao, elle reconnut l’indépendance du pays en 1880, établit des relations diplomatiques et signa un traité de paix et d’amitié définitif la même année. La guerre contre l’Espagne marquait pour le Pérou la consolidation de son indépendance.

    Entre 1879 et 1883, le Pérou mena aux côtés de la Bolivie la Guerre du Pacifique.La guerre éclata lorsque le Chili envahit le port bolivien d’Antofagasta. La Bolivie déclara la guerre au Chili et le Pérou, par un traité réciproque de défense, entra à son tour dans le conflit. Malgré l'infériorité navale, le capitaine du navire Huascar, Miguel Grau, maintint sous pression la flotte chilienne pendant plusieurs mois. Le Huascar fut finalement pris par les Chiliens en octobre 1879. Pendant la campagne terrestre, le Pérou connaîtra quelques victoires, mais en 1881 les troupes chiliennes entrèrent dans Lima. La guerre prit fin le 20 octobre 1883 par le traité d'Ancón et fit au pays perdre la région de Tarapacá.
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    Arawak

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    Re: Carnet de voyage : Pérou 2009

    Message par Arawak le Jeu 10 Déc - 14:15

    Lundi 23 novembre :

    Il est 4h30 du matin et il l'heure de se lever pour prendre la direction de l'aéroport de Bruxelles National où l'enregistrement des bagages se fera à 6h; décollage sur le coup de 8h, direction Madrid où nous ferons escale.

    L'aéroport de Madrid est immense et un métro souterrain relie les deux terminaux. Aucune difficulté à trouver notre route pour notre correspondance; tout y est clairement indiqué. Nous n'aurons pas à nous préoccuper des bagages, ceux-ci étant enregistrés directement pour Lima.

    Après un peu plus d'une heure d'attente, nous embarquons à bord d'un Airbus A340-300 d'Iberia. Même si ce n'est pas encore le Pérou (c'est le cas de le dire), l'avion offre un meilleur confort que les bétaillères de Thomas Cook Belgique ou de Jetair qui nous amènent dans des conditions déplorables du côté des Caraïbes. Il y a intérêt, car 12 heures de vol nous attendent... Le service et la nourriture sont corrects, sans plus. Reste à prendre notre mal en patience jusqu'à Lima.

    Une fois sur place, nous récupérons nos bagages, passons la douane et prenons contact avec notre guide, Raùl, qui nous accompagnera tout au long de ces quinze jours. Nous attendons les autres afin que le groupe se constitue; nous serons 8 au total. Idéal !

    Nous arriverons vannés vers 20h, heure locale, à notre hôtel, le Best Western Embajadores dans le quartier de Miraflores à Lima.

    Vous trouverez quelques infos sur l'hôtel ici :

    Comme nous avions soupé dans l'avion, nous nous limiterons à aller chercher des boissons pour le lendemain au magasin du coin, et puis un dodo bien mérité ! Le réveil étant déjà prévu pour 5h du matin !
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    Nicole C

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    Re: Carnet de voyage : Pérou 2009

    Message par Nicole C le Jeu 10 Déc - 16:10

    Comme l'histoire de ce pays est intéressante, Arawak!!! Merci pour ce cours d'histoire qui nous mets dans le contexte!!! Très bon début de compte-rendu!!! Ça promet!!!
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    Arawak

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    Re: Carnet de voyage : Pérou 2009

    Message par Arawak le Jeu 10 Déc - 17:03

    Mardi 24 novembre :

    Réveillés à 5h comme prévu, nous prenons un copieux petit déjeuner avant le départ pour Paracas qui se situe à 260 kms au sud de Lima. L'occasion pour nous de nous rendre compte combien la capitale péruvienne est étendue, et combien ses quartiers sont diversifiés.

    A 15 kms de notre point de chute, nous traverserons la petite ville de Pisco qui a subit le 15 août 2007 un tremblement de terre de forte magnitude. Deux ans après, les dégâts demeurent malheureusement encore bien présents...

    Nous voilà donc arrivés en début de matinée à Paracas, point de départ de notre première visite : les iles Ballestas.






    Cette réserve naturelle constitue une destination ornithologique de premier ordre, notamment pour ses colonies d'oiseaux de mer et pour sa population d'Otaries à crinière d'Amérique du Sud (Otaria byronia) et d'Otaries à fourrure d’Amérique du Sud (Arctocephalus australis australis). Les îles sont aussi connues pour ses vestiges archéologiques incas, et notamment pour l'immense candélabre gravé sur le sol et visible lors de votre arrivée sur l'archipel.




    Le secteur était autrefois primordial à l'économie péruvienne au milieu de 19ème siècle, quand de vastes quantités de guano (excréments des oiseaux marins) étaient exportées vers l'Europe comme engrais. Le guano est encore récolté dans la région, bien que son importance pour l'économie du pays soit beaucoup moindre qu'avant.

    On y estime, actuellement, une production de plus ou moins 1000 tonnes de guano annuels prélevés tous les 7 ans. En dehors de cette période, un gardien contrôle la réserve.






    L'arrivée sur les îles est spectaculaire, avec leurs grandes falaises et les formations rocheuses uniques. Il existe de nombreux îlots à côté de l'île principale.

    Les Islas Ballestas abritent plus de 160 espèces d'oiseaux marins, principalement des manchots, des cormorans, des fous et des pélicans. On y trouve également de nombreux lions de mer. Des dauphins et même des baleines sont aussi de passage.






    Les premières espèces que vous découvrirez seront sûrement les Cormorans de Bougainville (Phalacrocorax bougainvillii) et les Fous variés (Sula variegata) et leurs milliers de couples.

    D'autres cormorans sont visibles, comme le Cormoran de Gaimard (P. gaimardi), une belle espèce menacée nicheur en petit nombre, et le Cormoran vigua (P. brasilianus).






    Quelques dizaines de couples de Manchots de Humboldt (Spheniscus humboldti) se reproduisent sur les îles.

    La superbe Sterne inca forme des colonies lâches de 10 à 20, et sont bien visibles depuis le bateau. L'imposant Pélican thage (Pelecanus (occidentalis) thagus) est facile à voir. Attention, des Pélicans bruns (P. occidentalis) sont également présents.

    Sur les rochers battus par les vagues, les Huîtriers de Bachman (Haematopus bachmani) et d'Amérique (H. palliatus) cherchent leurs nourriture.






    Dans cet habitat, l'une des espèces les plus intéressantes et les plus rares est l'élégant Cinclode de Taczanowski (Cinclodes taczanowskii), endémique à la région, qui est souvent vu explorant les algues découvertes des rivages des îlots. Le Phalarope à bec large (Phalaropus fulicaria) est commun.





    Dernière édition par Arawak le Jeu 10 Déc - 18:41, édité 1 fois
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    Arawak

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    Re: Carnet de voyage : Pérou 2009

    Message par Arawak le Jeu 10 Déc - 17:28

    Je suppose que vous ne serez pas contre une petite suite à cette première série de photos ?



















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    Guy

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    Re: Carnet de voyage : Pérou 2009

    Message par Guy le Jeu 10 Déc - 20:04

    ET Arawak

    pour ce reportage,c'est vraiment très très bien et un très beau pays
    qui malheureusement n'est pas très connu.
    J'ai été voir ton forum et peut être que je vais y retourner bientôt.
    @+ et encore merci
    Guy
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    Roger

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    Re: Carnet de voyage : Pérou 2009

    Message par Roger le Jeu 10 Déc - 22:33

    Je viens de passer un très bon moment à lire et regarder. le zen absolu.
    Ca commence très bien.


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    Nicole C

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    Re: Carnet de voyage : Pérou 2009

    Message par Nicole C le Ven 11 Déc - 1:29

    Tout simplement magnifiques ces photos, Arawak!!! Tu nous gâtes!
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    Arawak

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    Re: Carnet de voyage : Pérou 2009

    Message par Arawak le Ven 11 Déc - 10:33

    En attendant la suite du CR, voici d'autres photos des îles Ballestas :



















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    Arawak

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    Re: Carnet de voyage : Pérou 2009

    Message par Arawak le Ven 11 Déc - 10:55

    Une dernière série pour conclure, et un petit conseil au passage si vous vous rendez un jour là-bas : ne faites pas comme moi, munissez-vous d'un chapeau et d'une crème solaire à fort indice de protection.

    Il faisait couvert quand nous sommes partis et j'ai eu le tort de faire l'impasse sur ces précieux accessoires. Il m'en a vallu un superbe coup de soleil (je pense n'avoir jamais été brûlé de la sorte)...



















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    Arawak

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    Re: Carnet de voyage : Pérou 2009

    Message par Arawak le Ven 11 Déc - 13:40

    Une fois essuyées les fientes d'oiseaux que certains n'ont pas manqué de ramasser sur le crâne, nous prenons le chemin du retour. Il est près de midi et il est grand temps de passer à table car cette sympathique balade en mer nous a tous aiguisé l'appétit.


    Après un petit "pisco sour" en guise d'apéritif, nous nous régalerons de la spécialité locale qu'est le "ceviche", marinade de poissons, de jus de citron vert et d'oignons. Le tout en musique car, touriste oblige, un petit groupe de musiciens est là pour assurer le folklore. Le condor passa une première fois...




    L'estomac rempli, nous prendrons la route pour Ica où nous devons parcourir le désert en buggy. L'occasion aussi, pour ceux qui le désirent, de faire sur surf sur les dunes. Surprenant ! Nous nous sommes vraiment éclatés avec le buggy, le chauffeur s'en donnant à coeur joie en faisant des sauts spectaculaires. j'aurais bien essayé sa machine, mais pour cause d'assurance, ça n'était pas possible. Il faut dire qu'il faut quand même une certaine expérience pour s'y retrouver et ne pas créer un stupide accident, d'autant que les dunes sont impressionnantes.


















    Nous nous arrêterons plusieurs fois pour le surf (que je n'ai pas essayé pour cause de sainte horreur du sable), afin que les plus téméraires d'entre nous s'essayent à des descentes de plus en plus vertigineuses. visiblement, ils se sont bien amusés dans ce splendide paysage. Au milieu des dunes, nous découvriront plusieurs oasis, dont celle de Huacachina où beaucoup de péruviens viennent pour les vacances ou pour un simple week-end.







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    Nicole C

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    Re: Carnet de voyage : Pérou 2009

    Message par Nicole C le Ven 11 Déc - 16:40

    Merci pour cette suite, Arawak!!! Ça doit vraiment être incroyable de se retrouver au milieu de ces étendues de sable à perte de vue!!! On doit se sentir bien petit!!!

    Merci pour ces magnifiques photos!!!
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    Arawak

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    Re: Carnet de voyage : Pérou 2009

    Message par Arawak le Lun 14 Déc - 13:44

    Nous reprendrons donc la route afin de ralier Nasca où nous passrons la nuit avant de survoler les fameuses lignes de Nasca.
    Notre hôtel du jour est le "Oro Viejo", situé non loin du centre de Nasca. Vous trouverez mon appréciation sur cet hôtel via ce lien :

    Nous dînerons une fois de plus en musique dans un restaurant du centre où j'ai testé une autre spécialité locale qu'est l'aji de gallina; excellent ! Petite balade digestive au sortir du restaurant, et dodo !

    Après une bonne nuit de sommeil et un nouveau copieux déjeuner au buffet de l'hôtel, nous prenons place dans la navette, direction le petit aéroport qui ne sert qu'au départ du survol des géoglyphes.

    Nous sommes les premiers, et le petit groupe de scinde en deux afin de prendre place dans les deux Cesna qui nous attendent. Et c'est parti pour un tour qui durera une grosse demi-heure (ça passe vite) qui nous fera découvrir les figures les plus représentatives, ainsi que le désert environnant.




    Les lignes de Nasca ont été découvertes en 1926, et sont de grandes figures tracées sur le sol, souvent figuratives, parfois longues de plusieurs kilomètres qui se trouvent dans le désert. Le sol sur lequel ils se dessinent est couvert de cailloux que l'oxyde de fer a colorés en gris. En les ôtant, les Nazcas ont fait apparaître un sol gypseux plus clair, découpant les contours de leurs images.

    Ces géoglyphes sont le fait de la civilisation Nazca, une culture pré-incaïque du Sud du Pérou qui se développa entre 300 av. J.-C. et 800 de notre ère. Les lignes et géoglyphes de Nazca et de Pampas de Jumana sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1994.




    À partir de maquettes, les Nazcas réalisaient les ouvrages à grande échelle probablement à l'aide de procédés géométriques simples, tel le carroyage. On a retrouvé diverses poteries reprenant les mêmes motifs.

    Elles prennent la forme de singes, d'oiseaux-mouches et de condors où pullulent spirales et ellipses. Imprimés sur la surface de la Pampa, les dessins franchissent les ravins, escaladent les collines sans que leur forme ni la rectitude apparente des lignes en soient affectées. Ces tracés représentent les divinités animales du panthéon religieux des Nazcas.






    Le microclimat permet la conservation des lignes, car :

    - le plateau est l'une des régions les plus sèches du monde (trente millimètres de pluie par an) ;
    - le sol sans végétation réchauffe fortement l'air (ce qui crée un coussin d'air qui, à son tour, protège les géoglyphes du vent) ;
    - enfin le gypse contenu dans le sol « colle » le sable et la poussière.






    Sans sable, ni poussières pour recouvrir la plaine et avec peu de pluie ou de vent pour les éroder, les tracés restent intacts.

    On a déjà dénombré plus de 350 dessins distincts.

    D'après la mathématicienne allemande Maria Reiche, qui a consacré la majeure partie de sa vie à l'étude archéologique et à la préservation du site, les géoglyphes formeraient un immense calendrier astronomique, dont les lignes pointent vers des étoiles remarquables ou des constellations.






    Cette théorie fut contestée en 1968 par l'astrophysicien américain Gerald Hawkins, d'après les recherches qu'il avait réalisées en se fondant sur des calculs informatiques. En reconstituant la carte du ciel telle qu'elle était à l'époque des Nazca, il affirma avoir démontré que 80% des géoglyphes n'avaient aucune relation avec les constellations importantes. Toutefois, ses recherches furent finalement démolies à cause d'une erreur de méthodologie grave. Il avait reconstitué la carte du ciel en se fondant sur celle de Stonehenge, qui n'est pas dans le même hémisphère.








    Des archéologues ont réalisé des répliques à l'identique des figures de Nazca à l'aide de leurs étudiants dans un temps relativement court.
    De nos jours, les communautés nazca effectuent une procession sur le parcours que forment certaines des figures. Ce rite peut être récent, et il n'y pas de preuve qu'il ait toujours été pratiqué.

    Les figures ont également été associées au chamanisme. La plupart de ces figures se trouvent près de sites préhistoriques d’art rupestre qui présentent des images similaires, mais à une plus petite échelle. Les chamans prenaient des substances hallucinogènes qui leur permettaient de voir leur animal-pouvoir, une pratique courante en Amérique du Sud et particulièrement en Amazonie.






    Certaines des drogues utilisées pendant les cérémonies rituelles donnent la sensation de voler dans les airs ; ce serait la raison pour laquelle les géoglyphes sont créés pour être vus du ciel.

    Encore plus simplement, ces dessins seraient destinés à des dieux habitant les cieux.

    Cette théorie est accréditée par le fait que les motifs animaux sont les mêmes que ceux qu'on trouve dans le panthéon nazca, par exemple sur les céramiques. La plupart des figures sont constituées d'une seule ligne ne se recoupant jamais.






    Henri Stierlin a émis en 1984 l'idée que les lignes servaient à préparer les fils de trame et de chaîne des tissus mortuaires retrouvés dans les tombes de Nazca. Ces tissus ont en effet la particularité d'être tissés de fils d'un seul tenant. Or pour préparer de manière artisanale de tels fils, il faut une ligne droite du double de la longueur pour permettre le tordage puis le repliage du fil sur lui-même. Ces lignes de travail se sont superposées de manière anarchique au fil des siècles.

    Cependant, les pieux retrouvés sur le Grand Rectangle (300 pieux pour ce rectangle de 800 m de long et 100 m de large) semblent confirmer que ces dessins ont été tracés par simple carroyage : le dessin est quadrillé puis reporté à l'échelle sur le sol où l'on a pris soin de tirer des cordages qui reproduisent les carreaux.




    Voilà. Un petit conseil au passage si vous avez l'opportunité de faire cette excursion un jour : pour les photos, munissez vous d'un zoom type 18-200mm ou 55-200mm si possible afin de pouvoir cadrer plus facilement les les géoglyphes. L'usage d'un filtre polarisant est aussi nécessaire afin de limiter les reflets dus aux hublots de l'appareil.
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    Nicole C

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    Re: Carnet de voyage : Pérou 2009

    Message par Nicole C le Lun 14 Déc - 16:30

    Vraiment extraordinaire de voir ces lignes, Arawak!!! Merci encore pour toutes ces photos et
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    Re: Carnet de voyage : Pérou 2009

    Message par Arawak le Lun 14 Déc - 17:30

    La suite de la journée consistera en un (très) long transfert de plus de 600 kms vers Arequipa.






    Nous longerons donc la côte pacifique et le désert sur de longs kilomètres via la Panaméricaine. Partis sous le soleil de Nasca, le temps se couvrira à mesure que nous avancerons, mais nous retrouverons le soleil en fin de journée une fois arrivés à destination.






    Notre chauffeur depuis Lima, Jorge, fera bien des frayeurs aux dames présentes dans notre navette. Sa conduite est loin d'être "coulée" et il faut régulièrement prendre quelques risques afin de doubler les nombreux camions qui descendent vers le Chili, d'autant que la route est fort étroite et à flanc de montagne. Mis à part un parebrise fissuré en cours de route, nous serons rapidement arrivés sans encombre à destination. Jorge est un excellent chauffeur, et il aura fait vite et bien. Il repartira immédiatement en direction de Lima (même route... de nuit !) car il doit fêter son anniversaire le lendemain; chapeau l'artiste !










    Nous arriverons donc en fin d'après-midi à Arequipa, capitale de la région péruvienne du même nom, et la deuxième ville la plus peuplée du pays. Elle est située à plus de 2335 mètres d'altitude, au pied du volcan Misti.
    Notre hôtel pour deux nuits est la Maison d'Elise, situé à 10mn à pieds du centre ville. Les renseignements habituels sur l'hôtel se trouvent ici :




    La proximité immédiate du centre ville nous permettra, malgré la fatigue, d'aller souper en ville, l'occasion pour moi de tester une nouvelle spécialité du pays, et plus particulièrement d'Arequipa : le cuy (cochon d'inde) grillé :


    Pas vraiment mauvais, mais sauf pour ce qui est de la présentation, il n'y a pas de quoi casser trois pattes à un canard.

    Le lendemain matin, Raùl (notre guide) me montrera la une du journal : 14 morts dans un accident là même où nous étions passés la veille...
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    Re: Carnet de voyage : Pérou 2009

    Message par cidalia le Lun 14 Déc - 18:40

    Merci pour ce fabuleux CR et ces superbes photos.
    Par contre pour ce qui est de manger du cochon d'inde grillé, alors là, c'est vraiment sans moi, plat de fête ou pas, mon Dieu quelle horreur, et en plus on voit la tête, non là c'est pas mon trip...., même si c'est très bon, et très local.
    Pour le reste tes photos sont vraiment, je te le dit à chaque fois, mais elles sont splendides
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    Re: Carnet de voyage : Pérou 2009

    Message par Guy le Lun 14 Déc - 19:36

    Merci beaucoup Awarak pour ces belles photos et pour les commentaires.

    Un petit mot pour Cidalia,j'ai mangé beaucoup de choses lors de mes voyages
    mais jamais avec les yeux,toujours avec la bouche et je n'ai jamais été décu.
    Je peux te comprendre,mais la prochaine fois ferme les yeux et tu vas gouter
    les délices d'autres pays.
    Cordialement a tous
    Guy
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    Re: Carnet de voyage : Pérou 2009

    Message par Nicole C le Mar 15 Déc - 5:50

    Tes photos sont vraiment splendides, Arawak!!! Que dire de plus??? Paysages magnifiques!!! Pour le cochon d'Inde, moi non plus je ne suis pas certaine que j'aurais pu, présenté comme il l'était. Sans tête ça aurait déjà été mieux et je crois que je me serais risquée!!!

    Merci de nous donner la chance de faire ce voyage virtuel!!!! C'est un beau cadeau!!!
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    Arawak

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    Re: Carnet de voyage : Pérou 2009

    Message par Arawak le Mar 15 Déc - 11:29

    Jeudi 26 novembre :

    Arequipa est donc la deuxième ville du pays. Deux étymologies existent pour expliquer son nom : l'actuelle assure que le mot arequipa vient de l'Aymara ari (montagne) + kipa (locatif) et signifie à peu près près de la montagne ; une autre interprétation serait que le mot vient de la phrase quechua Ari, quepay qui signifie « Ici, restez ».






    Isolée entre désert et montagne, c'est une ville opulente et le plus important centre intellectuel du pays. Ses maisons de pierres volcaniques d'un blanc étincelant sous des cieux ensoleillés presque toute l'année, lui ont valu le surnom de «ville blanche». Arequipa est située au coeur d'une oasis de verdoyante et dominée par un groupe de volcans, dont le Misti (5.821m) et le Chachani (6.075m), le plus élevé de tous.

    La région fut d'abord colonisée par les Aymarà, puis les Quechuas, enfin les Incas s'y installèrent. Cependant la ville actuelle fut fondée par les Espagnols en 1540. Longtemps isolée du reste du pays, Arequipa a conservé intact son cachet colonial: belles demeures patriciennes au fronton sculpté et aux fenêtres décorées de fer forgé, nombreuses églises et couvents.





    C'est une bonne étape avant d'attaquer l'altiplano, car l'organisme peut commencer à s'habituer au changement d'altitude (mal des montagnes).

    Arequipa est aussi la ville de Raùl, notre guide qui nous la fera découvrir plus amplement.




    Nous commencerons notre visite par l'église San Francisco, pour poursuivre avec le marché couvert, la Compagnia de Jesus, la cathedrale et enfin le fameux monastère Santa Catalina. L'après-midi sera consacré à une visite libre de la ville, et nous en profiterons (sur les conseils de Raùl) pour aller rendre visite à Juanita au musée Santuarios Andinos.

    Celle-ci fut découverte le 8 septembre 1995 dans la calotte glaciaire du Nevado Ampato, à 6 380 mètres d’altitude, par le guide aréquipénien Miguel Zarate et l’archéologue américain Johan Reinhard, pour une mission financée en grande partie par le National Geographic Magazine. Suite à l’éruption du volcan Sabancaya, les glaces de l’Ampato se mirent à fondre sous l’effet de la chaleur. Les deux explorateurs vont alors extraire la célèbre momie, dont la conservation était presque parfaite, en raison des très grands froids qui sévissent à ces altitudes.











    Le cadavre de la fillette était recouvert de fines étofes incaïques. Ses tissus et liquides organiques étant pratiquement intacts, les bactéries et les virus qu’ils contenaient permirent de livrer des indications sur l’état sanitaire des populations indiennes de l’époque et le contenu de son estomac donna un aperçu de l’alimentation d’alors. À ses côtés, ils retrouvèrent également un petit sac rempli de feuilles de coca et plusieurs types d’offrandes : vases à chicha (bière de maïs), lamas en argent, figurines couvertes de tissu.

    Juanita avait 12 ans quand elle est morte. Elle a été sacrifiée pour apaiser la colere du dieu du volcan, offerte au apu Ampato par les pretes incas de ces temps-la. Elle a été choisie tres tôt, quand elle avait 1 an, pour sa beauté et son ascendance noble. Elle a fait un long voyage de 2 mois, du Cuzco au sommet du volcan. Voyage exténuant, accompagnée d'un cour constituée des personnes importantes de la region. Elle a meme ete recue par l'Inca qui lui a transmis sa divinité.








    La capaccocha, le rite inca, a eu lieu au sommet du volcan. On l'a faite boire de la chicha (biere de maïs) et macher des feuilles de coca. Deja extenuée par le voyage, elle ne tarde pas à sombrer dans l'inconscience. On la pare de magnifiques habits avant de lui asséner un coup fatal sur la tempe gauche.


    Ainsi finit sa vie et commence sa mission. Elle peut etre messagere des hommes auprès des dieux. De part son sacrifice, elle devient elle-même une déesse. Préparée depuis sa plus tendre enfance, ce sacrifice n'est pas vécu comme un crime atroce mais comme un honneur. La mort n'étant qu'un passage dans le monde des divinités.


    Son corps a été retrouvé 500 ans après, quand l'irruption du volcan Sabancaya a fait fondre la glace qui la protégeait. Juanita n'est pas une momie. Ses tissus sont intacts, parfaitement conservés, congelés. 18 corps d'enfants ont été retrouvés dans tout l'empire inca.



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    Arawak

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    Re: Carnet de voyage : Pérou 2009

    Message par Arawak le Mar 15 Déc - 12:12

    Le couvent de Santa Catalina est sans doute le monument le plus étonnant et le plus intéressant d'Arequipa. Ouvert au public depuis 1970 après avoir abrité pendant quatre siècles une communauté de carmélite issues de riches familles espagnoles de la région. Fondé en 1580, il occupe une superficie de plus de 20.000m² et abritait au moins 500 religieuses. Santa Catalina est une ville dans la ville, en y pénétrant on se retrouve en plein 16éme siècle : patios, cloîtres, maisons particulières, bâtiment monastiques, séparés par de véritables rues.






    C'est un curieux "village" de femmes. Les noms des plus illustres d'entre elles, filles de l'aristocratie coloniale péruvienne et bolivienne, sont gravés au fronton de leurs anciennes demeures. La Casa de Manuela Ballon, celle de Maria Murtado, de Rosa Cardenas ou de Dolorès Llamosas se succèdent dans un camaïeu d'ocres jaunes ou bruns, de bleus indigo et de rouges foncés, au cœur d'Arequipa la Blanche : la plupart des édifices de la deuxième plus grande ville du Pérou sont taillés dans une pierre volcanique (le sillar) aussi immaculée que les neiges éternelles des trois hauts volcans qui l'encadrent.






    Des hommes ont construit, à la fin du XVIe siècle, ce village dans la ville, vaste dédale de patios fleuris, de placettes aux fontaines gazouillantes et de rues sinueuses aux noms andalous (Séville, Grenade, Cordoue, etc.), mais aucun n'y a officiellement vécu. Car ce village, avec ses églises, chapelles et cloîtres, est un couvent, celui de Santa Catalina, l'un des plus anciens, des mieux conservés et des plus vastes du continent américain, puisqu'il couvre 20 400 m2. Il compta jusqu'à 500 pensionnaires. Aujourd'hui, une quarantaine de religieuses y occupent le quart de sa superficie, isolées du public, autorisé à visiter les lieux depuis 1970. Ces carmélites respectent les vœux de pauvreté et de silence qu'elles ont prononcés. Ce ne fut pas toujours le cas dans l'histoire de cette forteresse, où l'on remonte le temps jusqu'aux magnificences de l'ère coloniale.






    La première bienfaitrice de ce couvent, doña Maria Alvarez de Carmona y Guzman, a été décrite comme "distinguée, jeune, veuve, joyeuse et intelligente" par les chroniqueurs de l'époque. Première supérieure des lieux, elle y attira sa fille, ainsi que les cadettes des meilleures familles de l'aristocratie espagnole, les aînées étant vouées à se marier. Elle exigea des novices une dot importante, en pièces d'or ou d'argent, mais les recluses pouvaient conserver leur train de vie et disposer d'une à quatre servantes ou esclaves chacune. Le réfectoire fut vite délaissé, de même que le dortoir, où chacune conservait un lit pour la forme. Et leurs"cellules" devinrent des maisonnettes, pieusement mais richement décorées. Une chambre pour la recluse, une autre pour ses servantes, un salon parfois, une courette, une cuisine extérieure, un jardinet.






    L'un des logis les mieux conservés est celui de sœur Ana de Los Angeles Monteagudo, élue supérieure en 1648. Elle est la bienheureuse de ce couvent, béatifiée en 1985 par le pape Jean Paul II pour les miracles qui lui sont attribués. Après sa mort, les sœurs continuèrent de mener grand train derrière les hauts murs de la rue Santa Catalina. Au XIXe siècle, la Française Flora Tristan, avant qu'elle ne devienne radicalement féministe et révolutionnaire, fut tout étonnée du faste des lieux et de la légèreté de ses pensionnaires sans voile. Arrivée à Arequipa en 1833 dans l'espoir de récupérer auprès de sa famille paternelle une partie de l'héritage de son père, Mariano Tristan y Moscoso, mort prématurément à Paris, elle trouva refuge au couvent de Santa Catalina avec ses tantes et cousines pendant les six jours d'une guerre civile locale.






    "Quels hourras quand j'entrai!", raconte-t-elle dans Pérégrinations d'une paria (Maspero, 1979 ou Actes Sud, 2004). A peine la porte fut-elle ouverte que je fus entourée par une douzaine de religieuses qui me parlaient toutes à la fois, criant, riant et sautant de joie. (…) Celle-là écartait ma robe par-derrière, parce qu'elle voulait voir comment était fait mon corset. Une religieuse me défaisait les cheveux pour voir comme ils étaient longs; une autre me levait le pied pour examiner mes brodequins de Paris; mais ce qui excita surtout leur étonnement, ce fut la découverte de mon pantalon." Les dîners où elle fut invitée dans les "cellules" furent "des plus splendides" : "Nous eûmes de la belle porcelaine de Sèvres, du linge damassé, une argenterie élégante et, au dessert, des couteaux en vermeil. Quand le repas fut terminé, la gracieuse Manuelita nous engagea à passer dans son retiro (salon). Elle ferma la porte de son jardin et donna des ordres à sa première négresse, pour que nous ne fussions point dérangées." Ladite Manuelita eut même le droit de monter un cheval au couvent pour soigner une maladie nerveuse, ironise Flora Tristan. Concerts dans la chapelle, banquets chez l'une ou l'autre : les nonnes de Santa Catalina n'étaient pas astreintes, comme les carmélites d'un couvent voisin, "à cette foule de pratiques religieuses qui emploient tout le temps de ces dernières".






    A cette époque, le Pérou était une République depuis quelques années, mais "tout, dans cette ville de 30 000 âmes, où les Blancs se faisaient passer pour nobles ou rêvaient de l'être, dénonçait la colonie", résume l'écrivain Mario Vargas Llosa, dans son livre Le Paradis un peu plus loin (Folio, 2003) sur la vie de Flora Tristan et de son petit-fils, Paul Gauguin. La vie sociale et mondaine, ajoute-t-il, y était "plus intense qu'à Paris", considérée alors comme la "succursale du Paradis" par les Aréquipègnes : "Les familles rendaient et recevaient des visites tout le jour et, dans l'après-midi, on mangeait les délicieux biscuits et friandises que préparaient les religieuses cloîtrées."






    L'hédonisme ne dura cependant plus très longtemps à Santa Catalina, et la parution du livre de Flora Tristan à Paris, en 1838, n'améliora pas la réputation de cet îlot de frivolité. Le Vatican, las de ses vaines admonestations, se décida à envoyer la dominicaine Josefa Cardena pour y remettre bon ordre. La dot fut supprimée, servantes et esclaves furent libérées, dont certaines prirent le voile, une chance pour les"aristocrates" qui apprirent d'elles comment faire leur lit au dortoir, laver leur linge et nettoyer le réfectoire.






    L'oncle de Flora, don Pio Tristan, général espagnol devenu président de l'Etat du Sud-Pérou en 1838, fit en public, sur la place d'armes d'Arequipa, l'autodafé du livre de sa nièce, coupable d'avoir moqué les mœurs de la bonne société locale. Plus grave pour Flora, séparée d'un mari français violent, don Pio lui coupa la petite rente qui lui permettait de vivre à Paris avec ses enfants. L'ouvrage la fit cependant connaître dans les milieux intellectuels parisiens : jamais aucune femme n'avait osé mettre à nu sa vie privée si crûment ni réclamé aussi vivement le droit au divorce et la fin de l'exploitation des plus démunis. Arequipa salue aujourd'hui timidement la mémoire de Flora Tristan, sans aller toutefois jusqu'à apposer une plaque sur le devant de la belle résidence du richissime don Pio, où Flora vécut huit mois. Ce 108 de la rue San Francisco est actuellement le siège d'une… banque.

    D'autres infos via le site internet qui lui est consacré : http://www.santacatalina.org.pe/
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    Arawak

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    Re: Carnet de voyage : Pérou 2009

    Message par Arawak le Mar 15 Déc - 14:16

    Nous avons conclu cette très belle journée en allant souper au restaurant "ZigZag" que nous avait conseillé Raùl.

    Heureuse initiative; dans un cadre chaleureux, nous nous sommes régalés de savoureuses grillades ! Si vous êtes de passage là-bas, je vous invite à essayer la trilogie de viandes. Au menu : boeuf, alpaga et autruche. Délicieux !

    Voici le lien vers leur site internet : http://www.zigzagrestaurant.com/frances/presentacionzzrfra.html

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    Nicole C

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    Re: Carnet de voyage : Pérou 2009

    Message par Nicole C le Mar 15 Déc - 16:57

    Et bien je viens de me régaler une fois de plus avec tes photos, Arawak!!! J'ai aussi beaucoup appris à la lecture de ton texte. Cette ville est très belle!!!!

    Merci et bonne journée!!!
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    Arawak

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    Re: Carnet de voyage : Pérou 2009

    Message par Arawak le Mer 16 Déc - 12:17

    Vendredi 27 novembre :

    Nous quittons déjà Arequipa ce matin afin de rejoindre Chivay, district de la province de Caylloma.

    Nous traverserons aujourd'hui les hauts plateaux andins, avec un point culminant à 4900 mètres d'altitude au "Mirador de los volcanos". Les paysages sont somptueux, et nous aurons l'occasion de croiser les premiers troupeaux de lamas, d'alpagas, et la chance d'apercevoir quelques vigognes.

    La faune est abondante sur ces hauts plateaux. outre les camélidés que je viens de citer, nous rencontrerons dans les tourbières des oies sauvages, un peu plus loin des flamands roses, et des viscaches, rongeurs vivant essentiellement dans les andes.

    Je vous laisse à ces quelques photos. Difficile de faire un choix parmi les 2500 clichés pris tout au long de notre séjour, mais je mettrai en ligne l'ensemble sous forme d'album d'ici une quinzaine de jours.

    En attendant...


































    Nous observerons aussi une curieuse plante de la famille des carottes (!), la yareta, qui envahit les rochers bien exposés. Elle ressemble a une mousse très compacte et résiste a des températures de -25 degrés grâce a un fluide interne très particulier. Sa forme rebondie lui permet d'esquiver les vents violents et une substance cireuse présente sur ses feuilles, la protège du soleil très fort a cette altitude. Sa croissance très lente (1 mm/an) et son utilisation massive comme combustible en fait une plante menacée.





    Dernière édition par Arawak le Mer 16 Déc - 14:10, édité 1 fois
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    Re: Carnet de voyage : Pérou 2009

    Message par Arawak le Mer 16 Déc - 12:40





















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    Re: Carnet de voyage : Pérou 2009

    Message par Arawak le Mer 16 Déc - 13:07




































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